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Méditation sur les mystères de la création - 65 - N° 12, Septembre 2012 la réalité inévitable de la mort, sans vouloir éluder les beautés de la vie et le pouvoir de la mort ; et il continue ainsi(4): La mer, la mer, toujours recommencée O récompense après une pensée, Qu'un long regard sur le calme des dieux ! La mer constitue, d’une part, un symbole naturel qui meurt sans cesse et ravive aux yeux du poète ; de l’autre le poète en contemplant la nature, voit dans la mer un bienfait de la part de Seigneur pour la vie de l’homme ; d’ailleurs en se servant l’expression "le calme des dieux" qui incarne la présence de Neptune, dieu de la mer, Valéry fait son entrée dans le monde mythique, tout en offrant un aspect légendaire à sa poésie. De son côté, Khayyâm, en se servant des éléments productifs de la nature – un nuage et l’herbe – parle de l’amertume de la fin de vie humaine, et du vin rouge qui le délivrent des calvaires de l’existence (5): Vois ! De nouveau sur l’herbe un nuage est en pleurs. Pour vivre il faut du vin aux charmantes couleurs. C’est nous qui contemplons aujourd’hui ces verdures ; Ah ! Qui contemplera sur nos tombes les fleurs ? Il se penche ensuite sur la structure de l’univers, passant outre les mystères de la Création, il s’appuie sur les forces de son imagination et sa réflexion créatrice de mythes ; ainsi il tente, par tous les moyens, d’exprimer aussi bien sa stupeur que sa faiblesse pour déchiffrer l’énigme de l’existence et la mort. Le monde mythique de Valéry s’exprime de la sorte dans la deuxième strophe (6): Quel pur travail de fins éclairs consume Maint diamant d'imperceptible écume, Et quelle paix semble se concevoir ! A travers ces allégories impénétrables, l’auteur essaie de donner un sens à l’univers, et définir les phénomènes ou les forces surprenantes qui l’entourent; "de fins éclairs" est une allégorie du temps cruel qui taille petit à petit le corps en

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Dr Mohammad Reza Mohseni - 66 - Revue Annales du patrimoine diamant, un homme qui n’est qu’une "écume" invisible et insignifiante sur terre, bien que son anéantissement blesse le poète dans son amour-propre. La métaphore "cruche" est, à plusieurs reprises, employée par Khayyâm comme symbole de l’anéantissement de l’homme ; en fait la cruche n’est qu’une image défigurée du corps sans vie de l’homme, démontrant ainsi son anéantissement sur terre et l’injustice dont il fait l’objet (7): Comme moi cette cruche un jour fut un amant. Esclave des cheveux de quelque être charmant. Et l’anse que tu vois à son col attaché. Fut un bras qui serrait un beau cou tendrement. Le dernier quatrain aborde implicitement le mythe de la création, le statut de Créateur et de la créature. Il dévoile également l’ignorance du poète face à la philosophie de l’existence : "C’est par le biais de l’évolution ainsi que la conversion successives des formes autrement dit la métamorphose matérielle que Khayyâm tente de représenter la mort en parlant de la cruche, la te rre et la végétation sorti de la terre, et c’est avec un grand re gret qu’il décrit la tournée incessante des particules de la vie à la mort, et de la mort à la vie" (8). La troisième strophe dans le poème de Valéry, ne fait que reprendre les précédentes(9): Stable trésor, temple simple à Minerve, O mon silence !... Edifice dans l'âme, Mais comble d'or aux mille tuiles, Toit ! Minerve, déesse de la connaissance et du savoir, est un précieux trésor durable aux yeux du poète rationaliste qu’est Valéry ; pour qu’il puisse se pencher, sous forme d’un profond silence poétique, sur les mystères et les merveilles de la nature. Mais il prend ses distances d’avec les étendues mythiques à partir de la cinquième strophe et sa poésie fait le portrait du monde terrestre, c’est pour cette raison qu’il parle en termes

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Méditation sur les mystères de la création - 67 - N° 12, Septembre 2012 explicites de ses angoisses et ses préoccupations(10): Je hume ici ma future fumée, Et le ciel chante à l'âme consumée Le changement des rives en rumeur. De son côté Khayyâm dévoile dans le cadre du quatrain suivant son embarras devant la destinée humaine et l’anéantissement de la grandeur humaine ; son amertume est d’autant plus grande qu’il me t en doute l’immortalité de l’âme (11): L’univers n’est qu’un point perdu dans nos alarmes ; L’oxus n’est qu’une trace infime de nos larmes ; L’enfer n’est qu’une étincelle auprès de nos ennuis ; L’éden qu’un court moment de nos jours pleins de charmes. Dans le cadre de la sixième strophe, Valéry prend constamment le Ciel à témoin, celui qui est au-dessus de nos têtes et qui est témoin oculaire de notre manière de vivre et de mourir, et se croit froissé de se voir confiné par les contraintes matérielles, et qui va de plus en plus vers la disparition : Beau ciel, vrai ciel, regarde-moi qui change ! Valéry a mis à nu ses tendances d’auto-admiration et narcissiques dans le cadre des septième et huitième strophes. Cette attitude se manifeste également dans la plupart des recueils poétiques de Valéry, comme par exemple dans "La jeune Parque" et "Charmes". Ces prises de position ont leur origine dans le désir du poète de raconter ses intentions intimes et ses embarras devant les désillusions, et qui aboutissent enfin au "moi" du poète (12): L'âme exposée aux torches du solstice, Je te soutiens, admirable justice Regarde-toi !... Mais rendre la lumière Suppose d'ombre une morne moitié. "A la réalité objective ou prét endue telle du naturalisme, à l’impassibilité parnassienne, le symbolisme a substitué, avec la caution de Schopenhauer, un univ ers égocentrique : si le monde

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Dr Mohammad Reza Mohseni - 68 - Revue Annales du patrimoine est ma représentation, l’univers extérieur ne fait que renvoyer au moi son image(13). Par contre Khayyâm n’est nullement imprégné par des attitudes d’auto-admiration et narcissistes, pour lui l’humilité, la souffrance et l’oubli de soi constituent l’unique voie de la survie humaine(14): Chers amis, convenez d’un rendez- vous, exprès. Une fois réunis, tâchez d’être bien gais. Et lorsque l’échanson remplira votre coupe, Buvez en souvenir du pauvre que j’étais ! Contrairement à Valéry qui n’a pour interlocuteur que lui- même, n’ayant aucun lien avec le s autres, Khayyâm s’entretient sans cesse avec autrui, et tente par tous les moyens de partager ses expériences, son savoir ainsi que ses acquisitions sous forme de raisonnements philosophiques, de réflexions profondes et pleines de sagesses avec les autres. Dans les méandres de ses poèmes, Valéry juge son esprit digne de tous les bienfaits, et te nte de lui épargner les fléaux de l’existence, et se voit en même temps aux prises avec les ingratitudes et les cruautés du temps, qui méprise la grandeur de l’âme du poète, tout en ignorant ses tendances narcissiques, ce qui a pour corollaire la solitude du poète (15): O pour moi seul, à moi seul, en moi-même, Auprès d'un cœur, aux sources du poème, Entre le vide et l'événement pur, J'attends l'écho de ma grandeur interne. Bien que les poètes se réservent un regard poétique, aucun signe de lyrisme ni de chant voluptueux dans ce poème de Valéry ; et ses obsessions concernant la mort n’ont pas trait aux désillusions passionnelles ou sociales, par contre elles prennent leurs racines dans ses réflexions philosophiques, et à en croire ses regards rationalistes, elles sont le s fruits d’une réalité inévitable qui est la mort.

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Méditation sur les mystères de la création - 69 - N° 12, Septembre 2012 2 - Approches philosophiques et ontologiques : Tout au long de l’histoire, il existait des approches et des réactions déférentes à l’encont re de la mort, lesquelles se résument de manière suivante : des religions révélées offraient pour la plupart un regard mystique et admirateur de la mort, alors que certains philosophes épicuriens, à l’instar d’Epicure affichaient un regard plutôt effroyable sur la mort ; et tout en faisant l’éloge des jouissances et des plaisirs de la vie, ils avaient essayé d’oublier la mort, de même que les stoïciens possédaient une image effroyable de la mort. Valéry et Khayyâm avaient chacun une vision différente de la mort, et ils se sont servis de la littérature, notamment un monde poétique riche en allégories et métaphores, pour en offrir une image. Khayyâm, bien qu’éminent poète, avait présenté ses réflexions philosophiques aussi bien dans ses poèmes que dans le cadre de ses ouvrages scientifiques ; à titre d’exemple on peut donner son "Essai sur l’algèbre" à propos des mathématiques par exemple (16). Alors on peut dire que, contrairement à ses contemporains, il se servait de la poésie comme d’un outil pour exprimer ses réflexions philosophiques : "Ses contemporains ne le prenaient pas comme un poète : il ne ressemblait ni à Onsori, auteur des odes, ni à Farrokhi, un panégyrist e, ou Ferdowsi, poète épique... Or il faut le considérer co mme un poète renommé mettant ses poèmes au service de ses réflexions philosophiques" (17). A travers le "Cimetière Marin" Valéry adopte une approche philosophique et en principe on tologique : "Valéry s’est moins attaché à pratiquer la philosophie qu’à la penser dans un double mouvement de contestation de ce qu’elle est, et de recherche de ce qu’elle pourrait puis sans doute devrait être" (18). Comme Khayyâm, il juge inutile et vaine toute recherche au sein des phénomènes et les mystères de la Création. C’est pour cela qu’il lance un vrai défi à tous ceux qui cherchent, en

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Dr Mohammad Reza Mohseni - 70 - Revue Annales du patrimoine étudiant la nature, à déchiffrer les mystères de l’existence : Sur mes yeux clos, secrets éblouissants, Quel corps me traîne à sa fin paresseuse. Pour jeter ensuite un regard au Cimetière de Sète, et renouer le dialogue avec ses défunts ancêtres(19): Quel front l'attire à cette terre osseuse ? Une étincelle y pense à mes absents. Cette étincelle pourrait servir de métaphore pour un déchiffrage des mystères de l’existence ; le poète se croit impuissant devant les mystères de la Création ; alors, lorsqu’il n’arrive pas à comprendre l’essence de l’existence, voilà ce qu’il en déduit : Ici venu, l'avenir est paresse. Le futur c’est la vie dans l’Au-delà, et y croire selon Valéry, est absurde et illusoire, et un signe de paresse. En fait lorsque le poète se croit impuissant devant le sens de l’existence, il adopte la voie la plus facile, autrement dit, il le déni. Malgré son refus de l’Au-delà, il chante gloire en Dieu sous forme d’une étonnante métaphore (20): Tête complète et parfait diadème, Je suis en toi le secret changement. Ensuite, en tant qu’un être humain, livré aux inconnus de l’univers, il reconnaît les embarras de son esprit devant un univers insaisissable, et sous forme d’un être humain aux prises avec des incertitudes, se croit un être difforme (21): Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes Sont le défaut de ton grand diamant ! La fréquence de la première personne de sujet "je" tout au long de "Cimetière Marin" démasque d’un côté les tendances narcissiques de Valéry, et de l’autre exprime un regard philosophique particulier qu’on dénomme souvent une approche phénoménologique, analysable dans la continuité des réflexions ontologiques du poète. L’attitude existentialiste, contrecarrant l’idée de la mort, va de pair avec un savoir phénoménologique.

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Méditation sur les mystères de la création - 71 - N° 12, Septembre 2012 En adoptant une attitude agnostique, Khayyâm juge infructueuse toute réflexion sur le sens de l’existence et le déchiffrage des mystères de la Cr éation ; ses approches fatalistes et ses attitudes peu ou prou nihilistes, à côté de sa réflexion sur la mort et l’anéantissement de l’humain, met le poète dans un embarras constant chaque fois qu’il se penche sur la réalité de la Création. Bien qu’inculpé d’impie par certains, Khayyâm a chanté la gloire divine dans la plupart de ses traités scientifiques ; y compris dans celle de "Fi-Alvodjod" (être) ; Alors ses interrogations philosophiques n’avaient nullement une portée athéiste, mais elles prenaient leur origine dans son refus du fatalisme, très en vogue à l’époque, et une croyance imparfaite ; on peut peut-être considérer ses attitudes audacieuses à mi- chemin entre le déterminisme et le refus. "Khayyâm avait offert une solution intermédiaire, entre le déterminisme, à savoir les principes de croyance et une sensibilité métaphysique d’un côté, et la religion de l’autre ; il a dépassé les limites de la religion et de la sagesse ; la première est basée sur le credo, incertain en principe, et la seconde n’est qu’une intuition. Les deux symbol isant un vain effort en vue de déchiffrer le mystère de la Cr éation ; un mystère impossible à décrypter, il faut faire avec en l’affectionnant" (22). Plus l’auteur de "Cimetière Marin" progresse vers la fin du poème, plus sa verve poétique de vient expressive et mordante à l a f o i s , e t s a c o l è r e r e d o u b l e d e f o r c e e n r a i s o n d e l ’ i s s u e tragique de l’existence(23): Les cris aigus des filles chatouillées, Les yeux, les dents, les paupières mouillées, Le sein charmant qui joue avec le feu, Le sang qui brille aux lèvres qui se rendent, Les derniers dons, les doigts qui les défendent, Tout va sous terre et rentre dans le jeu ! Le poète juge passagère la gran deur et la beauté humaine,

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Dr Mohammad Reza Mohseni - 72 - Revue Annales du patrimoine il semblerait qu’il cherche une so rte d’immortalité. D’après lui, tout ce qui est passager et fugace ne mérite pas notre attachement. Cependant, il chante des louanges à l’adresse du Créateur, mais cela n’empêche qu’il ne mette pas en doute la vie après la mort, comme il a déclaré (24): Et vous, grande âme, espérez-vous un songe Qui n'aura plus ces couleurs de mensonge Qu'aux yeux de chair l'onde et l'or font ici ? Chanterez-vous quand serez vaporeuse ? Allez ! Tout fuit ! Ma présence est poreuse, La sainte impatience meurt aussi ! De son côté Khayyâm dit aussi (25): Nous sommes des jouets entre les mains du Ciel Qui nous déplace comme il veut : c’est notre maître. Au jeu d’échec, nous sommes des pions éternels Qui tombent un à un tout au fond du non–être. A travers ce quatrain, le poète persan porte un regard objectiviste et riche en sagesse sur ce qui l’entoure, et n’accorde aucune légitimité au monde imagin aire ; et il juge instable et indigne d’intérêt tout ce qu’on croit appartenir à l’Au-delà. Il en est de même pour ce qui est de la vision du monde de Khayyâm, du moment où l’existence se soit limitée à la vie sur terre sans aucune allusion à l’Au-delà : "Un débat infini oppose donc, comme deux absolus, la pens ée de la mort et la mort de l’être pensant. La même ambiguïté se retrouverait dans toutes les manières que nous avons de pr otester contre le scandale de l’au-delà" (26). L’impression d’une vie courte et passagère et des choses perdues est d’autant plus regrettable, qu’on redouble de force pour tirer profit des beautés et des plaisirs que ces instants fugitifs nous le procurent. De même Valéry parle d’un ton malheureux de la disparition et de l’enterrement du "sein charmant" de la bien-aimée, Khayyâm lui emboîtant le pas dit (27):

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Méditation sur les mystères de la création - 73 - N° 12, Septembre 2012 Vois l’herbe dont le bord du ruisseau s’agrémente. On dirait le duvet d’une lèvre charmante. Ne pose pas tes pieds sur l’herbe avec dédain, Par là le sol était un visage d’amante. En fait, la réflexion philosophi que et intelligible de ce duo sur la mort, qui grâce à leur pouvoir imaginatif offre une expression de sagesse à leurs poèmes, est un effort de leur part pour déchiffrer les mystères de l’existence sans refléter pour autant leur vision absurde teintée d’athéisme : "Entre la résignation a priori et la résignation a posteriori, le rapport est le même qu’entre un scepticisme systématique et un doute instruit par les échecs et les déceptions" (28). A partir de ces dernières strophes, Valéry, à l’exemple de Khayyâm, attire notre attention sur les beautés de la vie afin de profitant de chaque instant ; il nous invite à décrypter, sa grandeur et sa majesté, tout en goûtant à ces joie, jouissance, émotion, et vivacité ; il nous dé conseille de nous creuser la tête pour saisir les secrets de la Création ; par contre, il faut nous relever, vivre dans la joie et la jouissance (29): Non, non ! Debout ! Dans l'ère successive ! Brisez, mon corps, cette forme pensive ! Buvez, mon sein, la naissance du vent ! Une fraîcheur, de la mer exhalée, Me rend mon âme… O puissance salée ! Courons à l'onde en rejaillir vivant. Enfin, nous allons clore le débat par un quatrain de Khayyâm, qui n’est qu’une chanson à la gloire de la Création, qui nous exhorte à profiter des instants de la vie (30): Les roses et le pré réjouissent la terre. Profite de l’instant : le temps n’est que poussière. Bois du vin et cueille des roses, échanson, Car déjà, sous tes yeux, roses et pré s’altèrent. Le recours à l’univers mythique a fourni une occasion favorable à Valéry et à Khayyâm afin d’exprimer, sous forme des

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Dr Mohammad Reza Mohseni - 74 - Revue Annales du patrimoine figures poétiques, leur vision de la mort, tout en livrant des impressions imaginatives et phil osophiques de la mort, ils ont présenté leur vision ontologique concernant cette question préoccupante de la vie humaine. Les visions ontologiques et épistémologiques de ces deux poètes n’étant pas fondées sur des bases solides, alors tout débat touchant les sujets inaccessibles au bon sens, les met dans un énorme embarras ; face à la mort, le duo adopte une attitude agnostique, et juge infructueuse toute réflexion pour déchiffrer les mystères de la Création ; Tout comme Valéry, Khayyâm est d é ç u d e v o i r é v a n o u i r t o u s s e s espoirs avec la mort, c’est pour cela qu’il invite tout un chacun à tirer profit de tous les instants. En fait l’angoisse et l’appréhension de ces érudits, ne sont nullement dues à leur attitude vu lgaire envers le monde, mais elles prennent leurs origines dans leur regard philosophique, sans pour autant être forcément un regard désespéré et pessimiste, mais doué d’un fondement ontologique. Chanter la mort est comme célébrer la vie, estimer et apprécier l’existence brève mais précieuse de l’homme. Alors leur regard sur la mort, en apparence une réaction virulente contre l’atrocité de la mort, mais en réalité c’est une occasion pour attirer l’attention sur l’essence de l’existence ; l’accent mis sur la fugacité de la vie humaine, n’est pour autant pas dû à une désillusion ou un obscurantisme, mais est dû au réalisme et à l’intelligence de ces deux poètes. Alors le fait que Khayyâm éprouve du dépit face à la fin tragique de l’existence, n’est guère imputable à ses affres de la mort mais attribuable à ses réflexions philosophiques ou à son attitude agnostique ; Valéry adopte la même attitude face à l’existence et ses mystères ; en emboîtant le pas au poète persan, il invite l’homme à la vi e et à goûter ses plaisirs, il apprécie l’existence, en incitant à tirer profit des bienfaits et des beautés de la nature.

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Méditation sur les mystères de la création - 75 - N° 12, Septembre 2012 Notes : 1 - Omar Khayyâm : Rubaiyat de Khayyâm, Gooya, Téhéran 2009, p. 114. 2 - Marie-Cathrine Huet-Brichard : Li ttérature et mythologie, Hachette, Paris 2001, p. 67. 3 - Paul Valery : Œuvres complètes, Gallimard, Paris 1990, p. 147. 4 - Ibid. 5 - Omar Khayyâm : op. cit., p. 239. 6 - Paul Valéry : op. cit., p. 148 7 - Omar Khayyâm: op. cit., p. 256. 8 - Mahmoud Etemâd : Sher-e falsafi-e khayyâm, Poésie philosophique de Khayyâm, Sahar, Téhéran 1983, p. 48. 9 - Paul Valéry : op. cit., p. 148. 10 - Ibid. 11 - Omar Khayyâm : op. cit., p. 206. 12 - Paul Valéry : op. cit., p. 148. 13 - Bertrand Marchal : Lire le symbolisme, Dunod, Paris 1993, p. 107. 14 - Omar Khayyâm : op. cit., p. 178. 15 - Paul Valéry : op. cit., p. 149. 16 - Ali Dashti : Dami bâ Khayyâm, Des moments avec Khayyâm, Asâtir, Téhéran 1998, p. 89. 17 - Ibid., p. 177. 18 - Michel Jarrety : Valéry devant la littérature, P.U.F., Paris 1991, p. 391. 19 - Paul Valéry : op. cit., p. 149. 20 – Ibid. 21 - Paul Valéry : op. cit., p. 150. 22 - Mehdi Amin Razavi : Sahbây-e kherad, Le vin de la raison, Sokhan, Téhéran 2005, p. 127. 23 - Paul Valéry : op. cit., p. 150. 24 - Ibid., p. 150. 25 - Omar Khayyâm : op. cit., p. 22. 26 - Vladimir Jankénévitch : La mort, Flammarion, Paris 1977, p. 433. 27 - Omar Khayyâm : op. cit., p. 122. 28 - Vladimir Jankénévitch : op. cit., p. 172. 29 - Paul Valéry : op. cit., p. 150. 30 - Omar Khayyâm : op. cit., p. 200. Références : 1 - Dashti, Ali : Dami bâ Khayyâm, Des moments avec Khayyâm, Asâtir, Téhéran 1998. 2 - Etemâd, Mahmoud: Sher-e falsafi-e khayyâm, Poésie philosophique de

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Dr Mohammad Reza Mohseni - 76 - Revue Annales du patrimoine Khayyâm, Sahar, Téhéran 1983. 3 - Huet-Brichard, Marie-Cathrine : Littérature et mythologie, Hachette, Paris 2001. 4 - Jankénévitch, Vladimir : La mort, Flammarion, Paris 1977. 5 - Jarrety, Michel : Valéry devant la littérature, P.U.F., Paris 1991. 6 - Khayyâm, Omar: Rubaiyat de Khayyâm, Gooya, Téhéran 2009. 7 - Marchal, Bertrand : Lire le symbolisme, Dunod, Paris 1993. 8 - Razavi, Mehdi Amin: Sahbây-e kherad, Le vin de la raison, Sokhan, Téhéran 2005. 9 - Valery, Paul : Œuvres comp lètes, Gallimard, Paris 1990. o

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