Influence de l’enseignement des langues étrangères - 49 - N° 12, Septembre 2012 d’enseignement, le lexique et les expressions. Nous essaierons de présenter ici des différents types d’influence d’enseignement explicite (par les méthodes d’enseigner) et implicite (par le lexique, les expressions et la littérature) afin de mieux comprendre le statut d’apprentissage d’une langue étrangère dans la transmission de la culture. 1 - Rapport entre la langue et la culture : D’après la définition de Larousse "la culture est un ensemble de mœurs et de manifestation artistique, religieuse et intellectuelle représentant une collectivité, la distinguant des autres groupes et sociétés" (2). On étudie souvent la notion de culture dans deux dimensions : matériel et spirituel. "La première comprend un ensemble des œuvres concrètes et matérielles faites par les êtres humains, tandis que la deuxième représente un ensemble de valeurs spirituelles formés par des êtres humains" (3). Certes, dans cette étude, nous illustrons nos propos en nous appuyant sur la culture spirituelle. La culture ne forme que par le rapport spirituel et langagier entre les hommes d’une société. En d’autres termes, la notion de la "culture" se forme à partit des connaissances, des expériences acquises dans la vie et les croyances d’une société à l’autre par l’instrument de connaissance, qui est la langue. C’est pourquoi, o n d i t " L e s h o m m e s s o n t p o r t e u r s d e l a c u l t u r e . E t l a communication entre les groupes humains fait produire la connaissance et cela joue un rôle initiateur dans la production des cultures" (4). On considère souvent le langage comme le moyen d’exprimer une idée et un point de vue ; il serait donc non seulement un instrument de la connaissance, mais un instrument de la pensée et de la culture. L’une des fonctions du langage est d’exprimer la pensée et la croyance en le manifestant extérieurement. Autrement dit, pour accéder à la culture, quelle qu’elle soit, le meilleur truchement est le langage. Parce qu’il
عدد الصفحات ٢٥٧Dr Mahboubeh Fahimkalam - 50 - Revue Annales du patrimoine est à la fois véhicule, produit et producteur de toutes les cultures. "- Il est leur véhicule universel dans la mesure où, par intermédiaire des signes que so nt les mots, il peut rendre compte, au plus près, de tout ce qui les concerne, qu’il s’agisse de littératures, d’arts, de sciences, de mythes, de rites ou de comportements. - Il est leur produit, parce que, pour être un véhicule fidèle, il doit s’adapter, évoluer av ec elles, être constamment un porteur approprié des significations, des valeurs, des charges nouvelles qu’elles génèrent. D’où la création continue de néologisme, qu’il y a lieu d’interpréter, dans cette perspective, comme des marques d’adaptation culturelle. - Il est un producteur des cultures, puisque c’est par son entremise, par l’échange, par la communication entre individus du groupe, que les représentations, les attitudes collectives se font et se défont" (5). C’est en tant que pratique sociale et produit socio- historique que la langue est toute pénétrée de culture. "Les mots, en tant que réceptacles pr éconstruits sont des lieux de pénétration privilégiés pour certai ns contenus de culture qui s’y déposent, finissent par y adhérer et ajoutent ainsi une autre dimension à la dimension sémantique ordinaire des signes"(6). La langue nationale de chaque pays reflète les croyances, les coutumes et en un mot ; sa cu lture nationale, alors la langue et la culture nationales influent l’une sur l’autre. D’un côté, la langue et le lexique se forment selon la culture nationale et d’autre part, ce dernier est sous l’influence de langue nationale de chaque pays. Une nouvelle approche des linguistes tels que Dérida et Lacan prétendent que le système cognitif est inséparable de la structure langagière. Cela signifie que la langue joue un rôle essentiel non seulement dans la manifestation des réalités sociales qu’on vit (culture), mais elle exerce une grande influence sur la formation
عدد الصفحات ٢٥٨Influence de l’enseignement des langues étrangères - 51 - N° 12, Septembre 2012 de ces réalités ; et c’est ainsi qu’elle reflète les relations humaines. "Lévi-Strauss définissait l’homme comme un locuteur, c’est à dire comme un être qui parle dans la mesure où langage est un élément fondamental de toute culture. La culture est ce que l’homme ajoute à la nature, ce qui n’est pas transmis biologiquement, mais par un apprentissage. Ainsi les règles de vie en société, les techniques, les sciences et l’art constituent ce qu’on nomme la culture. Mais si tout cela a pu nous être transmis, c’est par le moyen du langage. Le langage est donc un élément de la culture que ce par quoi elle est véhiculée" (7). Le lien réciproque de langue et culture est une question compliquée qui demande une étud e précise, mais comme nous l’avons signalé dans l’introduction, le lien entre la langue et la culture dans le processus de l’enseignement des langues étrangères fait l’objet de notre article. Mais comment s’influent la langue et la culture dans l’enseignement des langues étrangères ? Nous essayons d’aborder ce sujet à travers la fonction des apprenants de la langue française en Iran. Depuis quelques années, les expériences menées par les professeurs de la langue française ont montré qu’une fois les études terminées, les étudiants de la langue française ont toutes les peines du monde de s’exprimer en français, malgré leur savoir ling uistique. Ce qui signifie que les éléments extra-langagiers qui se concrétisent davantage dans la culture ne faisaient pas l’objet d’attention des enseignants. 2 - Les expressions "manifestation culturelle" : On constate que l’étude du lexique et des expressions est au centre de l’enseignement de la langue et on ne peut pas enseigner le français sans passer par un enseignement lexicologique. Pour sa part, le vocabulaire a un aspect culturel important, puisqu’il est adapté à l’environnement naturel et culturel. "On pourrait donc considérer chaque leçon de langue étrangère comme un instrument de communication
عدد الصفحات ٢٥٩Dr Mahboubeh Fahimkalam - 52 - Revue Annales du patrimoine interculturelle, car chaque mot étranger reflète une culture étrangère"(8). Mais comment une expression ou un mot étranger peut-il refléter une culture étrangère ? Il est évident que les mots et les expressions équivaux ne font pas d’obstacle pour les apprenants. Car, ces mots leur donnent la même image que dans la langue maternelle. Par exemple, le mot pain qui traduit (نﻧﺎnan" en persan, produit une image connue dans la pensée de l’apprenant iranien. Ce mot bref, désignant l’aliment fondamental dans la culture française, a donné lieu à de très nombreuses locutions métaphoriques. On rencontre les expressions telles que "être en pain/au pain de quelqu'un" dans le sens de "vivre sous son autorité, être au service de...". Comme le pain a sens pareil dans la langue et la culture persanes , ces expressions n’apparaissent pas bizarres aux yeux des étudiants iraniens. En d’autres termes, dans la culture persane, le pouvoir de donner le pain s’identifie à la relation paternelle. C’est pourquoi, ces locutions sont des notions connues chez les iraniens. Des problèmes de communication surgissent souvent lorsque la signification d’un mot ou d’une expression diffère d’une langue à l’autre : le concept de "village" est différent en Iran ou en France, le concept "chasteté" n’a pas la même signification en France qu’en Iran. On peut dire que la culture européenne est explicite, tandis que la culture asiatique peut être parfois implicite, et donc très difficiles à interpréter. A titre d’exemple, le message est caché derrière les mots employés par un iranien tels que "merci". Ce qui est courant en Iran, c’est l’habitude de complimenter. C’est pourquoi la signification du mot "merci" en répondant à "vous en voulez ?" n’est pas précise. En français, il existe des termes et des expressions pour désigner le vin, tels que "eau de vie". Tandis qu’elle métaphorise "le vin", cette expression n’a pa s de sens chez un étudiant de notre pays. Si on traduit cette expression mot à mot, cela signifie (Abe hayat, Abe zamzam, L’eau curative du puits près de la
عدد الصفحات ٢٦٠Influence de l’enseignement des langues étrangères - 53 - N° 12, Septembre 2012 Kaaba). Dans ce cas-là, la bonn e connaissance des apprenants de la culture française contribue à comprendre et à bien traduire ces expressions pareilles. Pour ce qui concerne la culture religieuse, il faut signaler qu’on trouve maints exemples de différents types dus à la différence culturelle et religieu se entre un pays européen et asiatique : L’Iran et la France. Il nous reste à évoquer la place que la religion occupe dans le lexique persan est une chose merveilleuse. "Que les persans, ils soient réellement dévots, ou qu’ils ne le soient pas, il s emploient des mots religieux" (9). Tout ce lexique persan, enfin, est plein de l’idée de Dieu. A titre d’exemple, on peut citer les termes tels que : ya Ali (O Ali), Khoda ra chokr (Dieu merci), Enchaallah (si Dieu le veut), Machallah (ce que Dieu le veut), Tavakol be khoda (rappelons Dieu), Salam aleikom (salut de Dieu sur toi), Halal (licite), Haram (illicite), Makrouh (abhorré), Kh alghollah (créatures de Dieu), rahmate ellahi (bénédiction divine), Beitolmal (les biens publics), khoda hafez (que Dieu te garde) etc. Selon Calloud, "Lorsque nous parlons, c’est notre culture qui parle en nous avec toute la profondeur de son histoire" (10). Le lexique est donc, pour tous un des moyens les plus sûrs de connaître la culture. C’est ainsi qu’après avoir étudié la lexicologie persane en le comparant à celle du français, l’étudiant iranien conclue que la religion joue un rôle primordial dans la structure culturelle iranienne. "La croyance religieuse est l’un des éléments constitutifs de la culture persane" (11). Il est à signaler que la plupart de ces termes susmentionnés n’existent pas en lexicologie fran çaise, c’est pourquoi lorsqu’un étudiant iranien cherche à définir ou traduire ces mots en français, il est obligé de les expliquer. Quant aux autres domaines de lexicologie constituant le système de culture sociale, si important, par exemple en français, ils sont quasi inexistants en persan, leur emploi systématique étant tout à fait ré cent dans la langue persane. A
عدد الصفحات ٢٦١Dr Mahboubeh Fahimkalam - 54 - Revue Annales du patrimoine titre d’exemple, on peut citer le mot "Concubinage". Ce terme n’existe pas dans la langue et la culture persanes ; Car l’union libre d’un homme et d’une fe mme, sans être mariés, est interdite dans la culture persane. Après avoir fait la connaissance avec ce terme à travers les livres et les films français, les apprenants iraniens de la langue française pourraient au fur et à mesure avoir un regard différent de l’union libre dans la société. Autrement dit, ils acceptent ce phénomène socioculturel plus facilement que les autres. Or, ce terme dont la compréhension ne semble pas aisée au premier abord pour l’apprenant, devient un simple terme pour designer la culture européenne. C’est ainsi que la culture française exerce une influence sur la mentalité des apprenants de la langue. A la suite de l’apprentissage du vocabulaire, en Iran il y un manuel universitaire intitulé "E xpressions imagées et proverbes de la langue française" s’adressant aux apprenants de français. Il offre, en effet, une sélection des expressions imagées les plus courantes de langue française parlée que les étudiants doivent assimiler dans le cours d’expressions et proverbes et auxquelles ils se heurtent inévitablement non seulement durant leur cycle d’études de français dans les cours tels que : (Lecture et compréhension de textes, traducti on des romans etc...), mais dans leur rapport avec les français. En outre, des récits courts et des jeux linguistiques, acco mpagnés de leurs solutions, contribuent à rendre plus palpable l’ouvrage dont l’objectif est non seulement d’enseigner le français tel qu’on le parle, mais aussi de refléter les particularités mentales et culturels des français. Dans ce manuel, les apprenants rencontrent les expressions et les proverbes français et leur équivalent en persan. Après avoir étudié 13 leçons, en comparant les proverbes français avec ceux du persan, la plupart des étudiants ont fait allusion à certains cas communs : - En comparant les expressions et les proverbes français
عدد الصفحات ٢٦٢Influence de l’enseignement des langues étrangères - 55 - N° 12, Septembre 2012 avec ceux du persan, sur le plan de la forme, ces derniers se distinguent souvent par le caractère archaïque de leur construction grammaticale et littéraire. Les exemples ci-dessus en sont les meilleures illustrati ons : L’équivalent persan de ce proverbe "bon sang ne peut mentir" est un vers connu de Saadi employé dans la langue courante ; "ta tenue révèle que tu es d’une famille noble". Il convient de préciser qu’en Iran, depuis longtemps, les poésies des grands poètes tels que Saadi, Hafez, Ferdowsi étaient singulièrement estimées et il n’y avait personne qui n’en ait quelques vers gravés dans la mémoire. C’est ainsi que la poésie s’est introduite dans la langue courante. Autrement dit, on peut dire que la poésie fait partie intégrante de la culture persane. Il y a lieu de citer l’exemple des conteurs d’histoires ambulants et des poèmes épiques de Ferdowsi dans les rues et les cafés iraniens. - Dans chaque pays, les proverbes et les dictions reflètent des croyances ou des simples vé rités. Ces croyances ont été transmises de génération en génération, elles portent les stigmates de la sagesse du temps pour finalement faire partie intégrante de la culture et de l’éducation. Ils incarnent donc les archétypes culturels de chaque pays de manière magnifique et pittoresque. Nous allons comparer quelques proverbes persans avec ceux du français pour les différencier et pour designer la culture religieuse des iraniens : Le proverbe "ventre affamé n’a pas d’oreille" est l’équivalent de "l’homme affamé n’a pas de religion" en persan. Ou "à quelques chose malheur es t bon", a été traduit en persan "l’ennemie fait bon, si Dieu le veut". Les exemples ci-dessus illustrent la croyance religieuse et la culture persanes. En bref, ce manuel universitaire permet à chacun de mieux mesurer l’importance de la culture maternelle comme vision du monde et référence incontourn able, et aussi comme possible monnaie d’échange avec les cultures étrangères.
عدد الصفحات ٢٦٣Dr Mahboubeh Fahimkalam - 56 - Revue Annales du patrimoine 3 - Les méthodes pédagogiques "la transmission" : De nombreux ouvrages et méthodes pédagogiques sont proposés aux enseignants et aux a pprenants de français en Iran. La plupart des méthodes parues récemment proposent une approche communicative qui suggère une nouvelle méthodologie ayant les caractéristiques cultur elles françaises. L’objectif de l’approche dominante de ces manuels est de dépasser la connaissance du code linguistique et d’acquérir une compétence de communication, laquelle passe par la maîtrise des règles psychologiques, sociologiques et culturelles. Notre expérience dans l’enseignement du français à l’université, nous révèle que toutes les méthodes d’apprentissage du français présentent d’une manière attractive les notions et les habitudes culturelles des français. "Reflet, La France en direct, Le nouveau sans frontières, Café crème, Tempo" sont les méthodes les plus fréquentes en Iran. Tous ces manuels essaient d’expliquer les règles grammaticales, les mots et les expressions en s’appuyant sur l’aspect culturel. Dans ce genre d’enseignement, l’accent est mis sur les situations socioculturelles des fr ançais. A titre d’exemple, la première leçon de la méthode pé dagogique "La France en direct" (200 pages) commence par un lien téléphonique à travers lequel l’élève peut entrer en contact avec les autres. Il s’agit de la vie de quelques jeunes qui visitent les monuments historiques, les centres sportifs et culturels de Paris. Cette méthode audio-visuelle fait connaître non seulement la grammaire et le lexique français, mais la culture française. Par ailleurs, comme la culture française est bien différente de la nôtre, cette méthode met en relief ces différences culturelles. Par exemple, les cérémonies de no uvel an, la soirée et la danse dans une discothèque (leçon 3), consommation des boissons tels que vin rouge et vin blanc (leçon 6) sont les traits de la culture européenne. Au cours de 30 leçons, en faisant la connaissance avec la tradition et la culture françaises, l’apprenant cherche à
عدد الصفحات ٢٦٤Influence de l’enseignement des langues étrangères - 57 - N° 12, Septembre 2012 comparer les fêtes, les aliments , les habits, les boissons, les divertissements, les attitudes et la manière de vivre des européens avec ceux de son pays. Il est évident que la différence et la diversité culturelle sont intéressantes pour tout individu, mais dans certains cas, on constate que la culture présentée, ayant une attraction extraordinai re en séduisant l’apprenant, pousse ce dernier vers la frustration. Il y a pourtant des cas où, l’apprenant ayant des croyances tr aditionnelles et nationales ne peut accepter la réflexion et la culture européennes. Il y a lieu d’insister sur le rôle de l’enseignant dans le processus de l’enseignement. Tout enseignant est sensible à son importance pour ne pas tomber dans le piège de transformer l’enseignement de la langue en un simple apprentissage de la langue. Le rôle de l’enseignant iranien est essentiel ; car il faut trouver équilibre entre l’apprentissage du lexique français lié à une culture différente et l’apprentissage de la langue basé sur la compétence linguistique, pour que l’apprenant puisse non seulement échanger des énoncés et des expressions avec une formulation acceptable, mais qu’il puisse bien connaître la culture française. L’enseignement du français ne pourra se réaliser sans avoir recours à la connaissance de la culture française pour un public iranie n qui devra non seulement entrer en relation avec un certain nombre de locuteurs de cette langue, mais en plus, en tant qu’un spécialiste de langue française, il faudra traduire les œuvres fran çaises qui demandent une bonne connaissance sur la culture et le lexique français. Actuellement, on s’accorde à dire que l’on ne peut séparer langue et culture. L’apprentissage de la culture doit donc être intégré dans l’apprentissage de la langue. Tout au long de cette recherche, nous avons pu affirmer que la transmission de la culture prend place au sein de l’enseignement de la langue étrangère. Aussi, nous avons insisté sur le fait que la connaissance de la culture française est un élément essentiel dans l’apprentissage de cette langue et que
عدد الصفحات ٢٦٥Dr Mahboubeh Fahimkalam - 58 - Revue Annales du patrimoine par l’enseignement de la langue française et l'étude d'œuvres littéraires dans cette langue, on peut accéder à la connaissance de la culture française et, par cela, à la culture universelle. C'est l'acception étroite du terme culture. Comme nous avons déjà précisé, la culture reflète non seulement l’univers réel de l’être humain, mais la pensée, la vision du monde, les valeurs, la façon de la vie humaine. Et tout cela se concrétise dans la langue. On peut donc considérer la langue comme une couverture matérielle pour la culture. Le lexique d’une langue reflète souvent les thèmes importants de la culture. Apprendre le lexique, les proverbes et les expressions d’une langue étrangère non seulement enrichit le savoir linguistique des apprenants , mais les aide à concevoir la culture cible. Quoique, de nos jours, les proverbes aient perdu leur activité historique d’autrefois et la fréquence d’emploi, ils restent toujours dans la langue un moyen d’expression important. Ils contribuent à faire connaître la culture cible en reflétant les coutumes, la mentalité et la culture d’un pays. N’oublions pas la part des méthodes d’enseignement (du français) dans la transmission de la culture. En toute objectivité, pour les motifs évoqués (pédagogique et culturel), il est certain que la culture est plus présente que jamais dans la problématique des méthodes d’enseignement (du français). On constate que la transmission de la culture est au cœur de l’enseignement de la langue et on ne peut pas enseigner le français sans passer par un enseignement de la culture française. Par conséquent, la nécessité de son apprentissage dans le processus de didactique des langues semble évidente. En bref, l’enseignement d’ une langue étrangère s’avère souvent efficace dans la transmission de la culture. Notes : 1 - M. Ghamari : Revue des études langagières, Presses universitaires d’Alzahra, N° 3, Téhéran 2010, p. 9.
عدد الصفحات ٢٦٦Influence de l’enseignement des langues étrangères - 59 - N° 12, Septembre 2012 2 - Larousse, Paris 2007, p. 277. 3 - J. Babazadeh : Langue, Culture et expressions, Presses universitaires de Téhéran, N° 57, Téhéran 2010, p. 21. 4 - H. Shairi : Le rôle dans la tache dans l’augmentation de la motivation des apprenants du FLE, Presses universitai res de Téhéran, N° 53, Téhéran 2009, p. 75. 5 - R. Galisson : De la langue à la cu lture par les mots, Clé international, Paris 1991, p. 118. 6 - Ibid., p. 119. 7 - D. Calloud : Langage et culture, Site : www3. ac-clermont.fr 8 - S. Terminasova : Yaziki i mejkulturnaya komunikatica, Mosco, Slova 2000, p. 23. 9 - A. Gobineau : L’orient et l’Iran, Klincksiek, Paris 1973, p. 314. 10 - D. Calloud : op. cit., p. 2. 11 - M. Ghamari : op.cit., p. 167. Références : 1 - Babazadeh, J.: Langue, Culture et expressions, Presses universitaires de Téhéran, N° 57, Téhéran 2010. 2 - Calloud, D.: Langage et culture. 3 - Galisson, R.: De la langue à la culture par les mots, Clé international, Paris 1991. 4 - Ghamari, M.: Revue des études langagières, Presses universitaires d’Alzahra, N° 3, Téhéran 2010. 5 - Gobineau, A.: L’orient et l’Iran, Klincksiek, Paris 1973. 6 - Larousse, Paris 2007. 7 - Shairi, H.: Le rôle dans la tache dans l’augmentation de la motivation des apprenants du FLE, Presses universitaires de Téhéran, N° 53, Téhéran 2009. 8 - Terminasova, S.: Yaziki i mejkulturnaya komunikatica, Mosco, Slova 2000. o
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عدد الصفحات ٢٦٨Revue Annales du patrimoine, N° 12, 2012, pp. 61 - 76 ISSN 1112-5020 Publié le : 15/9/2012 raminemohseni@yahoo.com © Université de Mostaganem, Algérie 2012 Méditation sur les mystères de la création Paul Valéry et Omar al Khayyâm Dr Mohammad Reza Mohseni Université Azad Islamique d'Arak, Iran Résumé : La méditation sur la mort, l’ordre de l’existence ainsi que les mystères de la Genèse constitue l’objet princi pal des études philosophiques dont s’inspirent, de temps à autre, la poésie et la littérature. Cette recherche se fixe comme objectif de démontrer si l’attitude des poètes Paul Valéry et Omar al-Khayyâm à l’encontre des notions telles que la mort et l’existence tire son origine de leur affres de la mort, ou bien elle prend ses sources dans leurs préoccupations philosophiques. Nous allo ns étudier les attributs narcissiques des poèmes de Valéry, en pleine contra diction avec des vers cosmopolites et regorgés de sagesse de Khayyâm. Mots-clés : méditation, influence, philosophie, Valéry, Khayyâm. o Meditation on the mysteries of creation Paul Valéry and Omar al Khayyâm Dr Mohammad Reza Mohseni Azad Islamic University of Arak, Iran Abstract: Meditation on death, the order of existence, and the mysteries of Genesis is the main object of the philosophical studies which from time to time are inspired by poetry and literature. This research aims to demonstrate whether the attitude of the poets Pa ul Valéry and Omar al-Khayyâm against notions such as death and existence has its origin in their death throes, or it has its sources in their philosophical co ncerns. We will study the narcissistic attributes of the poems of Valéry, in full contradiction with cosmopolitan verses and full of wisdom of Khayyâm. Keywords: meditation, influence, philosophy, Valéry, Khayyâm. o Paul Valéry, poète symboliste de la première moitié du 20 e siècle, est l’héritier de l’univers allégorique et mystérieux des
عدد الصفحات ٢٦٩Dr Mohammad Reza Mohseni - 62 - Revue Annales du patrimoine symbolistes pionniers comme Verlaine, Rimbaud et Mallarmé ; des intellectuels pour qui le monde n’est qu’un ensemble de symboles, la mission des poètes consistant à les décrypter. L a p o é s i e d e K h a y y â m , s a v a n t p e r s e d e 1 1e-12e siècles, regorgeant de symboles et d’allégories, le place dans le rang des poètes symbolistes. Il a souvent montré de la stupeur devant les manifestations ésotériques de l’univers et la philosophie de la Création, invitant ainsi l’homme à goûter aux plaisirs et aux jouissances du monde matériel. Il n’y a pas l’ombre d’un doute que la notion de la mort constitue le thème essentiel, abordé par ces deux poètes. A travers "le Cimetière Marin" Valéry a essayé, grâce à sa riche imagination, de présenter une cristallisation naturelle de la fin de la vie humaine. Le cimetière de Sète, situé tout près de sa ville natale et surplombant la mer, lui fournit un bon prétexte pour composer ce poème, qui est une réflexion sur la mort et l’anéantissement du corps humain. Le Cimetière Marin prend ses origines dans les milieux symbolistes ; la nature, renfermant les trésors cachés et symbole des merveilles de la Création chez les poètes comme Valéry, attire bien son attention. Tout comme Valéry, Khayyâm est un écrivain–philosophe et penseur rationaliste, regardant le monde d’un œil objectif et de ce fait, jette un regard plein de sagesse sur l’énigme de la Création ; bien que l’orientatio n générale des Roubaïyat soit dirigée vers les plaisirs terrestres, l’accent y est mis également sur le caractère éphémère de l’existence et l’imminence de la mort (1): Dès l’aube, à la taverne une voix me convie, Disant : folle nature au plaisir asservie, Lève-toi, remplissons notre coupe de vin Avant qu’on ait rempli la coupe de la vie ! L ’ a t t i t u d e d e V a l é r y e n v e r s l a f u g a c i t é d u m o n d e , s a méditation sur l’état de l’existence, sa réflexion sur la mort et la
عدد الصفحات ٢٧٠Méditation sur les mystères de la création - 63 - N° 12, Septembre 2012 Vie future, ses préoccupations concernant la destinée humaine et les mystères de l’univers, tout ce la évoque l’univers poétique et les réflexions de Khayyâm. Il est contrarié de constater que le monde, décevant et porteur d’espoir en même temps, n’a qu’un tragique dénouement. Cette recherche se fixe comme objectif de passer en revue la notion de la mort et de l’existence dans le "Cimetière Marin" de Valéry d’une part et les Rubaiyat de Khayyâm de l’autre. Et à la fin nous tenterons de fournir des réponses aux questions suivantes : Pourquoi Valéry et Khayyâm redoutaient-ils la mort ? Cette appréhension est-elle liée à leur pessimisme ou à l’étroitesse de leur esprit, ou est-elle le frui t de facteurs ontologiques ? A travers cette recherche, nous allons d’abord montrer comment le monde imaginaire de Valéry et de Khayyâm, imprégné de symboles et d’allégories poétiques, fournira une occasion pour réfléchir sur la Création, en présentant une image objective de la mort, pour ensuite aborder leur réflexion philosophique. Nous allons également étudier aussi bi en les points communs que leurs divergences philosophiques et intellectuelles pour ce qui est de leur regard à propos de la mort et des mystères de la Création. 1 - Le monde mythique de Valéry et de Khayyâm : En s’appuyant sur sa connaissance, elle-même fondée selon les règles de la sagesse, l’homme a tenté, tout au long de l’histoire, de fournir des réponses à certaines questions. Mais la plupart du temps, les choses ou trepassaient ses connaissances ; alors en s’appuyant sur les mythes et les légendes, il a essayé de rendre compréhensibles les observations restant en dehors de ses connaissances, afin de triompher des angoisses dues à l’incapacité de les surpasser, ou en fournissant une explication quelconque, de rendre ses réalités plus saisissabl es ; alors les mythes occupèrent une place plus importante que les légendes ou les histoires que les hommes se racontaient et qui constituaient des besoins essentiels pour eux. En fait, sur le plan littéraire et de l’art, la plupart des
عدد الصفحات ٢٧١Dr Mohammad Reza Mohseni - 64 - Revue Annales du patrimoine mythes étaient l’objet d’inspiration pour les ouvrages littéraires et artistiques, tout en étant à l’origine de la créativité humaine : "Les convergences entre mythe et littérature trouvent leur parfait accomplissement ou leur aboutissement logique dans la construction, à travers les textes littéraires de mythes dans lesquels la littérature se met e lle-même en question. Ces mythes interrogent les raisons, les modalités ou les finalités de l’activité créatrice, ils construisent des réponses à ces interrogations"(2). Le thème de la mort et la réflexion sur l’ordre de la Création constituent, entre autres, les principales préoccupations des hommes et avaient influencé les poètes et les artistes. La m o r t e s t l e p l u s a n c i e n d o u b l e d e l ’ h o m m e t o u t a u l o n g d e l’histoire, c’est pour cela que l’esprit imaginatif et mystificateur de l’humain a souvent cherché à en fournir une image ou une définition quelconque, dans l’es poir de la rapprocher de son imagination et de son intelligence. Les points de vue de ces deux poètes à propos de la mort présentent cette caractéristiqu e ; ils essayent, grâce à des allégories et des images souvent inspirées des manifestations et des forces naturelles, de présenter une image de la mort et de l’ordre de l’existence, tout en gardant un regard teinté de mythologie. Le poème de Valéry débute avec une image allégorique - ce toit tranquille - d’une nature marine (3): Ce toit tranquille, où marchent des colombes, Entre les pins palpite, entre les tombes. Les petites barques des pêcheurs, dotées des voiles blanches, apparaissent comme de s colombes marchant sur les vagues ; or dès le début du poème, Valéry en utilisant le mot "les tombes" symbolisant la mort, et en l’associant aux éléments existants dans la nature, la mer, les pins et le midi, incarnation du soleil au milieu de la journée, crée ainsi une atmosphère effroyable au sein du poème ; en fait l’imagination poétique de Valéry associe la gloire et la tran quillité régnant dans la nature à
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