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مجلة حوليات التراث العدد 02 2004 مستغانم

Med Alg

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Islâm Imân Ihsân idéologème du roman dibien - 73 - N° 2, Septembre 2004 socioculturel traversant le code esthétique de surface modifie fondamentalement la relation au texte : lieu hospitalier de rencontre entre différentes voix qui s'entremêlent et interagissent, l'écriture ouvre un espace convivial de partage où s'engage un processus dynamique de dialogue entre le texte et son lecteur, car c'est en fait le lecteur qui en de rnière instance va écrire le texte, en fonction des éléments qu'il sera parvenu (ou non) à dégager, puis à mettre en re lation et qui ainsi, fait exister le texte, permettant au sens non pas, seulement, d'apparaître mais de s'élaborer, de se construire et de s'affirmer au cours de ce processus où lire revient à éprouver, à mettre à l'épreuve, la propre capacité du lecteur à produire lui-même du sens. Le propre de l'intertextualité est d'introduire à un nouveau mode de lecture qui fait éclater la linéarité du texte. Chaque référence intertextuelle est le lieu d'une alternative : ou bien poursuivre la lecture en ne voya nt là qu'un fragment comme un autre qui fait partie intégrante de la syntagmatique du texte - ou bien retourner vers le texte- origine en opérant une sorte d'anamnèse intellectuelle où la référence intertextuelle apparaît comme un élément paradigmatique "déplacé" et issu d'une syntagmatique oubliée... C'est simultanément qu'opèrent ces deux processus dans la lecture - et dans la parole - intertextuelle, étoilant le texte de bifurcations qui en ouvrent peu à peu l'espace sémantique. La dynamique relationnelle d'éc hange qui se noue entre le sujet écrivant démultiplié par toutes les voix qui rayonnent à partir de ce point focal qu'est le texte, et le sujet lisant, lui- même étendu à tous les autres sujets lisants, à tous les lecteurs, aboutit à cette situation particulière de synergie et d'échange au sein de laquelle s'accomplit le travail intertextuel. Le processus de lecture consiste alors, ainsi que le constate Laurent Jenny, à déployer en réponse au projet même de la parole intertextuelle, une double stratégie d'appréhension du texte : l'une sur la ligne du récit, l'autre en opérant un retour au texte de référence par

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Dr Rachida Simon - 74 - Revue Annales du patrimoine une démarche de révolte qui est aussi un travail de mémoire contre l'oubli qui imprime une force incroyable à l'écriture. Quels que soient les textes assi milés, le statut du discours intertextuel est ainsi comparable à celui d'une super parole en ceci que les constituants de ce discours ne sont plus des mots mais du déjà parlé, du déjà organisé, des fragments textuels, l'intertextualité parle une langue dont la vocabulaire est la somme des textes existants. Il s'opère ainsi une sorte de décrochage dans le niveau de parole, une promotion à un discours d'une "puissance" infiniment supérieure à celle du discours monologique. Entremêlant texte profane en langue française et Parole sacrée portée en secret par l'arabe, l'écriture tisse d'un même g e s t e e t d a n s l e m ê m e e s p a c e t e x t u e l , l a v o i x d e l ' A u t r e s u p p o r t a n t l a f i c t i o n e t l a v o i x d u M ê m e a v e c s e s r y t h m e s propres, son code visuel et métaphorique, ses effets rhétoriques. Entre l'élan pulsionnel de la langue maternelle disant la nostalgie d'un lieu et d'une Parole absente et le jet de l'écriture en langue française par lequel s'exprime la volonté de surmonter la séparation et la perte de cette première et unique référence, se dessine en creux dans le non-dit et les silences de l'œuvre, le désir irrépressible de tracer sa propre voie (voix), d'inscrire sa propre expérience du monde, des mots et du langage, de construire et d'affirmer par delà le repli stérile sur soi et l'éparpillement douloureux, sa propre identité. Présence parlante, vivante au sein de la froide matérialité, d'un univers abstrait de signes, la Parole coranique - oubliée, mal entendue ou mal comprise - renoue ce lien fondamental avec le ghayb, ce mystère de l'inconnaissa ble. Elle active et réactualise ainsi la Révélation : échange et rencontre essentielle pour la connaissance, en faisant entendre une voix et un sens qu'elle fait ainsi à nouveau advenir. C'est au creux, dans le sein chaleureux de cette rencontre singulière que le romancier a choisi d'inscrire son action et de

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Islâm Imân Ihsân idéologème du roman dibien - 75 - N° 2, Septembre 2004 situer sa propre parole, dans un système suractivé d'échanges osmotiques entre langues, cultures, visions du monde et de l'avenir, par une écriture qui porte la marque indélébile de son appartenance et de son identité - inscription lumineuse du ayn - au cœur même d'une langue et d'une culture qui marquent sa différence. 2 - Présence de la langue-mère : Faisant émerger l'étranger dans le texte, et en justifiant la présence, voix annonciatrice, la présence du Texte coranique en même temps qu'elle ouvre le récit à l'étranger, à l'étrangeté, contraint par le recours à une lecture interprétation, à une découverte du sens par référence à ce texte focalisateur qu'est le Coran, portée par une langue étrangère elle aussi, et dont les mots deviennent par conséquent des signes référentiels. Les liens qui se tissent et se nouent entre œuvres fondamentalement différentes permettent de mettre à jour la présence et l'usage de procédures rhétoriques empruntées à la langue arabe : procédé de l'iltifat, jeu des addad, stratégies scripturales du laff oua nachr, et du tanjîm, qui attestent d'un attachement profond, viscéral à la langue maternelle, intimement et activement à l'œuvre dans l'écriture et travaillant en secret à un renouvellement des formes qui aboutit à son originalité, à sa singularité en y injectant des significations nouvelles. La pluralité des voix qui s'expriment dans le texte, la multiplication des foyers d'émission favorisent cette traversée de l'écriture par l'altérité qui la marque en profondeur de cette tonalité et de ce caractère mystiques. Les fragments du Coran qui viennent s'enchâsser par fl ashs éclatants, cette césure questionnante étoilent l'énoncé ou s'y glissant subrepticement, en subvertissent le sens, remplissant pleinement leur rôle d'iltifat, c'est-à-dire d'appels à l'attention qui constitue la principale fonction rhétorique conférée au procédé. Les volutes que la phrase mime confortent cette souplesse d'adaptation de l'écriture à un monde et à une situation da ns le monde, pour dire que

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Dr Rachida Simon - 76 - Revue Annales du patrimoine l'incommunicabilité entre personnes qui y sévit est battue en brèche par la forme même que l'écriture choisit librement d'adopter : lieu d'entrelacement intime et d'échange entre textes, entre langues, entre visi ons du monde, le texte dibien dévoile sa propre idéologie en manifestant plus ou moins ouvertement la présence d'un autre texte. Textes polyphoniques, les romans dibiens, en remettant en cause l'unicité et l'homogénéité de la voix unique qui est le propre du discours totalitaire, impérialiste ou terroriste et que l'écriture indexe ainsi pour en dénoncer l'inadmissible arbitraire et la cruelle injustice. 3 - Dans l'étoilement du sens tanjim : L'écriture se fait le véhicule d'un sens "étoilé" qui à l'instar de celui du texte coranique, se constitue secrètement à la croisée et dans le choc des sign es, se tisse et se noue dans "l'entre-deux des textes" (M. Foucauld) sous une référence en apparence facilement déchiffrable, mais en réalité constamment détournée, subvertie, démultipliée, polarisée. La notion de tanjim prend al ors toute sa pertinence. Issue de l'étude de l'organisation particulière du texte coranique, cette notion de tanjim - littéralement étoilement - peut être définie conformément à l'étymologie arabe du nom dont elle dérive, najm : étoile, comme cette singularité qu'offre le Livre sacré, de se présenter de manière fragmentée, en raison vraisemblablement de sa révélation elle-même qui s'est faite par fragments, qu'il a fallu par la suite regrouper, lors de la recension. Cette notion de tanjim laisse au lecteur du texte coranique une impression unique de pluralité et de dissimilarité de thèmes dispersés à travers l'espace textuel et facilement repérables en surface, de même qu'à une dissémination et à un foisonnement de significations que la lecture qurân a pour rôle de mettre en relation. Le tanjim est la marque entre toutes reconnaissable d'un ordre lui-même "dispersé" de l'organisation des sourates, mais qui ne nuit en rien à l'unité profonde de la structure d'ensemble et la cohérence et à l'unité du message.

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Islâm Imân Ihsân idéologème du roman dibien - 77 - N° 2, Septembre 2004 Cette esthétique de la fragment ation, du tanjim, ou si l'on préfère de la diffraction au sens que le mot prend en optique, semble, par bien des aspects, oblitérer l'écriture dibienne, ce que Dib reconnaît et revendique du reste de manière habilement allusive : l'influence de cette étoile vers laquelle tend la quête du sens d'Iven Zohar, le narrateur de Cours sur la rive sauvage. J'avais vaguement conscience qu'elle me servait même de guide. L'eussè-je donc voulu, j'aurai sans doute incapable d'échapper à l'attraction. Je ne le voulais, ni ne le souhaitais ; de tous les habitants, il m'était échu à moi se ul le privilège de tomber sous la protection d'une étoile : je tendais mes regards vers elle et je n'essayais de me retourner sous aucun prétexte. (S.E, p. 27) I l s e m b l e b i e n q u e n o u s s o y o n s l à d e v a n t u n e m é t a p h o r e obsédante, qui va proliférer dans tout l'univers du récit et en contaminer toutes les significations. Il n'est que de parcourir l'œuvre dibienne, pour, à traver s une intense activité intra textuelle, s'apercevoir de l'omnipr ésence et de la prégnance de cette notion d'étoilement sur l'imaginaire qu'elle enchante et sur l'écriture : dans chaque œuvre de Dib, dans chaque livre, se lit, cette influence, cette obsession du Livre, auquel le lecteur par différents moyens est renvoyé en permanence. La puissance de rayonnement de cette étoile se reflète dans les couches les plus profondes de l'imaginaire comme dans l'application de ce procédé à l'écriture et dans le roman, le motif et la métaphore stellaire saturent totalement l'espace textuel. D'ailleurs, la référence au procédé scriptural du tanjim se profile dans le projet même de l'écrivain, de situer son écriture dans des régions moins explorées... de la mémoire, du Livre- remémoration. Voyageur sollicité par une destination dont la réalité et le sens m'échappent ou souvenir courant sur les ruines d'une contrée remémorée mais à jamais disparue. (p. 54) Dès la mise en texte, la prof ération par Iven Zohar du nom de cette étoile protectrice gardé a u f o n d d e l a m é m o i r e , f a i t exploser l'espace qui s'étoile et basculer le récit dans cet ailleurs,

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Dr Rachida Simon - 78 - Revue Annales du patrimoine dans cet au-delà, l'ouvrant à l'in fini du sens. Je prononçais à haute voix le mot "Hellé". Ces syllabes n'avaient pas plus tôt effleuré mes lèvres que les murs des salles s'effondrèrent avec un long grincement. De toutes les gorges un cri jaillit, remplit l'espace et ne se répéta plus. (p. 78) Ce nom Hellé qui abat les mu rs, cri unique Un, jaillit de toutes les gorges sans exception, n'est-il pas celui de Dieu lui- même ? Le Nom suprême Allah, anagramme de Hellé-Ilah, qui n'ouvre et libère l'espace du livre que pour mieux le remplir d'étoiles ? Dans le roman, ce no m mystérieux transmis d'un autre espace, c'est celui de l'une des deux héroïnes, femme flamboyante... rayonnante... irradiante (pp. 16 et 78), centre d'un foyer incandescent (p. 56), incarnation...de la puissance mais de la passion aussi (p. 78), nom magique qui guide le narrateur sur la rive sauvage et lui montre la voie. Une i l l u m i n a t i o n m e v i e n t . S i j e prononçais le nom mystérieux : "Hellé" qui m'a était transmis d'un autre espace et que j'ai gardé au fond de ma mémoire ? Je me reproche de n'y avoir pas pensé plus tôt. Je murmure alors, tel un mot de passe : - Hellé... Et une femme flamboyante de se détacher de l'ensemble des autres, de s'élancer vers moi. Elle sourit du centre d'un foyer incandescent. (p. 78) Les noms des trois protagonistes du roman entretiennent des correspondances symboliques remarquables avec les trois motifs évoqués : le soleil, le centre et son corollaire le cercle et l'étoile. Radia en effet est une parfaite anagramme du mot arabe daïra qui signifie cercle, le nom Hellé, lui, anagrammise ilah ou Allah, c'est-à-dire Dieu, que l'on peut associer au symbole universel du soleil, divinité primordiale, dont il manifeste le pourvoir créateur, et dont le culte a donné naissance à beaucoup de religions dans le monde, dont l'Islam, comme symbole d'unicité. Le nom du héros s'il peut être rapporté à un personnage réel, (médecin andalou illustre d'origine arabe, ami d'Averroès, Ibn Rushd commentateur d'Aristote et qui connut Maimonide), peut

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Islâm Imân Ihsân idéologème du roman dibien - 79 - N° 2, Septembre 2004 se lire également comme Ibn az-Zahra, fils de Az-Zahra, c'est-à- dire fils de Vénus, Zahra étant en arabe le nom de la planète, ce qui rattacherait directement le narrateur à cette étoile du matin et étoile du soir puisqu'elle apparaît et appartient aussi bien à l'orient, qu'à l'occident, pour montrer au voyageur et l'aider à s'orienter vers ce sens qui n'apparaîtra, qui ne se dévoilera totalement que : Lorsque le ciel se fendra Que les étoiles seront dispersées Que les mers confondront leurs eaux Que les tombes seront renversées (Coran, Sourate Le Ciel qui se fend, LXXXII, 1 à 4). L'apparition répétée des motifs de l'étoile, du cercle et du soleil, leur apparition prolifique à travers des réseaux de métaphores étroitement disposés en constellations, tisse l'univers onirique du récit, à travers cette récurrence de visions, dévoilement de signes, qui saturent et animent l'espace textuel dans sa totalité. La structure de l'ensemble se construit autour de la relation synecdochique qui inclut trois éléments du cosmos dont le sémantisme combiné révèle ce qui peut être finalement le sens à privilégier, le soleil au centre de l'étoile à trois branches que nous formions, rejoint en effet, le symbolisme construit sur le nombre trois, de l'anneau que Solh offre à Faïna dans Le Sommeil d'Eve, une bague étrange, barbare avec ses trois diamants enchâssés dans une boule de platine (p. 135), gage d'union et d'amour. L'atomisation des signes linguistiques et symboliques au sein du texte coranique, assure cette démultiplication de la puissance évocatoire et suggestive, et donc esthétique de l'écriture qui caractérise la force d'expression et de rayonnement de son message et lui confère ce caractère d'inimitabilité dont l'écrivain semble chercher la formule alchimique, l'insondable secret. Le motif de l'étoile se présente comme la trame sur laquelle l'écriture vient inscrire ce désir de lumière, ce rêve de

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Dr Rachida Simon - 80 - Revue Annales du patrimoine perfection, et se construit autour de cette obsédante influence du Livre dont la lecture-remémoration a pour objectif d'atteindre cette perfection, à travers une éc riture, une parole qui est elle- même cette remémoration, ce dhikr. Mohammed Dib dans un de ses derniers ouvrage L'arbre à dires, explique que son œuvre dans son ensemble est placée sous cette influence bénéfique, sous cette protection du livre et que, c'est bien en conscience que, "quêteur d'absolu", il a choisi de poursuivre cette inaccessible perfection de l'étoile. E n f a i t , j e m e r e n d s c o m p t e q u e j e n ' a i j a m a i s e u l e sentiment de m'être mis à écrire un livre et puis, ce livre achevé, d'avoir tiré un trait pour en comme ncer un autre. Dés le départ, j'ai su que j'écrirais quelque chose d'ininterrompu, peu importe le nom qu'on lui donne, quelque chose au sein de quoi j'évolue et avec quoi je me bats encore ap rès cinquante ans d'écriture. La même matière, le même univers, la même œuvre, mais rien qui progresse linéairement, tout droi t devant. Plutôt, qui pousse par récurrence à la façon d'une étoile et, comme tel, rayonne dans tous les sens, plus fort dans un sens à un moment donné, plus fort dans un autre à un autre moment. Ceux qui ont la curiosité de me lire pourront en témoigner. De l'un à l'autre de mes livre, des passerelles sont jetées... traverses qui relient chaque livre à un autre, nullement une succession logique, mais organique. Car ce n'est pas une suite romanesque ou poétique, que je me suis efforcé de mettre sur pied, j'ai été tenté au contraire par l'aventure qui constitue une exploration tous azimuts. Aussi dans ce dédale intime, des fils d'Ariane courent, se croisent, se tendent, se détendent, secrets et apparents à la fois. Aussi des personnages, des lieux réapparaissent, des situations se recréent. Peut-on parler d'avancées par récurrences ? Je me le demande. Expérimenter ce procédé singulier du tanjim, telle était donc dès le départ, l'ambition de l'écriture, pour en saisir la réalité, toujours différée vers un ailleurs, toujours à poursuivre

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Islâm Imân Ihsân idéologème du roman dibien - 81 - N° 2, Septembre 2004 vers un au-delà. L'écriture, hantée par le rêve et l'énigme de l'étoile, dit cette tension, cette course éperdue vers un lieu de parole situé dans un ailleurs où "se dire" c'est aborder l'autre rive, c'est-à-dire, être de plus en plus soi-même en s'approchant de la perfection. L'exploration de l'espace imag inaire dibien met à jour des aspects absolument insoupçonnés et même imprévisibles, et permet de restituer à l'œuvre son or iginalité en la greffant, en la ressourçant, dans son univers culturel et idéologique, pour exhausser le patrimoine rhétorique et linguistique dans lequel l'écriture s'enracine et dont elle se nourrit au plan de sa thématique. Elle puise sa sève da ns une tradition allégorique qui emprunte ses signes à la mythologique coranique, et dans le vieux fond de la culture arab e traditionnelle, et intègre intimement des systèmes de repr ésentations symboliques, puisés dans un rapport intime à un Livre qui affecte profondément et de façon indélébile l'imaginaire de l'écrivain. Remarquablement et subtilement allusive, la mise en œuvre littéraire est marquée par ce caractère de mystère, par cette frange de non-dit, qui infiltre massivement l'écriture, l'imprégnant, la "chiffrant", de valeurs nouvelles qui imposent au lecteur l'utilisation de clés cultur elles et rhétoriques autres pour aborder le texte, moyens nouveaux pour une autre lecture. Seul le va et vient incessant, l'échange fécond et généreux entre langues et cultures peut fair e naître, grâce à l'éclosion et à la floraison de signes croisés, ingénieusement greffés les uns sur les autres, une circulation suractivée du sens et son épanouissement. Notes : 1 - Laurent Jenny : La stratégie de la forme, Revue Poétique, N° 27, Le Seuil, Paris 1976, p. 267. 2 - Ibid., p. 258. 3 - Laurent Jenny : op. cit., p. 266. 4 - Ibid., p. 166.

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Dr Rachida Simon - 82 - Revue Annales du patrimoine 5 - Abdelkebir Khatibi : La Blessure du nom propre, Ed. Denoël, Paris 1974, p. 15. 6 - Ibid. 7 - Voir, Mircea Eliade : Images et symboles, Ed. Gallimard, Paris 1952, p. 196. 8 - Mohamed Dib : L'Arbre à Dires, Albin Michel, Paris 1998, pp. 207. 9 - Donnée dans Dictionnaire Encyclopédique Quillet, Edition 1990. 10 - Julia Kristeva : Séméiotiké, Recherches pour une sémanalyse, Le Seuil, Paris 1969, p. 53. 11 - Carl A. Keller : Approche de la myst ique dans les religions occidentales et orientales, Albin Michel, Paris 1996, p. 24. Références : 1 - Dib, Mohamed : L'Arbre à Dires, Albin Michel, Paris 1998. 2 - Dictionnaire Encyclopédique Quillet, Edition 1990. 3 - Eliade, Mircea : Images et symboles, Ed. Gallimard, Paris 1952. 4 - Jenny, Laurent : La stratégie de la forme, Revue Poétique, N° 27, Le Seuil, Paris 1976. 5 - Keller, Carl A.: Approche de la myst ique dans les religions occidentales et orientales, Albin Michel, Paris 1996. 6 - Khatibi, Abdelkebir : La Blessure du nom propre, Ed. Denoël, Paris 1974. 7 - Kristeva, Julia : Séméiotiké, Recher ches pour une sémanalyse, Le Seuil, Paris 1969. o

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