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مجلة حوليات التراث العدد 07 2007 مستغانم

Med Alg

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Ghawthy Hadj Eddine Sari - 58 - Revue Annales du patrimoine Avant d’expliciter les autres symboles et significations, il est important de noter que la "clôture " du cérémonial de la bouqala est désignée par le "fal" . Ce n’est pas anodin, cela explique le fait qu’une pratique "divinatoire" a lieu chez des musulmans. En effet, le Coran et Le Prophète réprouvent tout recours aux devins, oracles, chiromanciens, géomanciens, astrologues, et autres magiciens. Le "fal" que l’on peut traduire par "augure" fut, pourtant, admis par les juristes musulmans sous une forme "islamisée". L’augure est l’interprétation des signes par des prêtres "en relation" avec les divinités chez les grecs et romains de l’Antiquité. Les plus célèbres interprètes d’augures furent les douze Sybilles, reparties sur les territoires de l’antique empire gréco-romain. Pour l’Afrique du Nord, la "Sybile Libyque", prêtresse (kahina en arabe) annonç ait par des oracles "sibyllins", leurs "destins" aux croyants de cette religion (polythéiste : le destin "fatum" , décidé par les dieux, la Sybille leur prêtresse y accédait). L’Eglise chrétienne de Byzance rejetait cette prêtresse, mais des pratiques divinatoires coutumières persistèrent en langue libyqu e "ti finagh" (la phénicienne, littéralement). L’historique "Kahina" était une héritière de la Sybille Libyque phénicienne, c’est peut-être la qu’il faudrait chercher l’origine de ces pratiques divinatoires "berbères", comme les décrivent et désignent les historiens grecs (barbarios désigne chez les grecs tous les peuples asservis "bègues", c'est-à- dire "ne parlant pas ou parlant mal le grec". (Platon : La République et Lettres VII). L’empire chrétien "christianisa" cette fonction religieuse "païenne" et les douze Sybilles furent identifiées aux douze Apôtres du Christ. Dès le quatrième siècle des iconographies apparurent dans les textes évangéliques, on peut même admirer la Sybille Libyque dans la célèbre Chapelle Sixtine... Au septième siècle, Le Prophè te de l’Islam rejetant toute forme de prêtrise "sacramentelle" (le dogme islamique n’admet

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Bouqala et autres symboles - 59 - N° 7, Septembre 2007 aucun sacrement , donc exclut toute forme de clergé...) et pratique magique, admettait les "bonnes augures" ou "fal" : avec ses compagnons, s’entretenant de problèmes préoccupants, il aimait entendre des paroles fortui tes, dues au "hasard", et de bonnes augures... De cela, que rapportent des traditions authentifiées - "hadyth sahih" , les juristes ont admis des pratiques telle la bouqala. En évoquant le Secours Divin, la finalité de la bouqala étant "la bonne augure" due au hasard des tirages de distiques ou quatrain s et tirages des personnes, les croyants ne transgressent aucune règle du "tewekkul" : la confiance ferme et l’appui unique en La Miséricorde Divine - "Dieu Unique Waly et Nacyr" , insiste le Coran en de nombreuses occurrences. Les Arabes pratiquaient différentes formes de divinations, usant de sable, osselets, oiseaux et autres procédés. Le vol des oiseaux, "ettira", comme augure, souvent de mauvaise augure, très répandu dans différentes cultures, fut réprouvé par le Prophète. Il aimait le bon augure, le "bon fal", qu’il définit comme bonne parole . Le "raja fy Allah" , l’attente du Secours Divin, peut avoir une réponse favorable par un son, voire une lumière, ce qui constitue le fal... Tout le cérémonial de la bouqala repose sur le fal . Le Prophète disait à ses compagnons que les pratiques divinatoires mènent parfois au "désespoir - qunta", une désespérance qui obscurcit l’âme, la "confiance en soi" et la vision "interne - bacy ra". Il les invitait à méditer ce verset coranique (Sourate XXXIX/50, connu sous l’appellation verset des désespérés) qui dit, en substance, "Dis a ceux qui ont perverti leurs âmes, ne désespérez pas de La Clémence Divine..." (LXII/26). 2 - Autres symboles : Sept : il a été dit, à propos des "sept eaux" à introduire dans la bouqala, début de séance, que c’est un chiffre "porte bonheur"... En fait, la signification symbolique du sept, dans la culture musulmane, est très riche dans ses dimensions.

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Ghawthy Hadj Eddine Sari - 60 - Revue Annales du patrimoine Permettez-moi de vous en donner un aperçu, non exhaustif, des dimensions spirituelles et culture lles sociales, au sens large du terme. Sans développer les signifiés, il est propose, ici, des jalons en vue d’approfondissement... 1. Significations symboliques "Spirituelles" : Le référent étant le Coran, il y a, entre autres. - la symbolique des sept cieux "gradues - tibaqa", dont il serait long de développer les signifies dans le cadre de ce propos ; disons, pour saisir le sens si mplement, qu’il s’agit de sept cheminements d’élévation de l’être vers la présence Divine - "el uns". - la symbolique des "sept dédoub lées – sabâ el mathani" qui seraient, selon les exégèses, les sept versets de la sourate "L’Ouverture - El Fatiha" du Coran, ou les sept sourates longues (de II à IX). Toutes ces sourates ont des vertus de préservation du mal, de guérison du cœur, de réalisation d’espoir. - La symbolique des sept épis que donne une graine - "habba", donnant à leur tour cent graines chacun. Le Prophète explique "par un acte généreux envers ses semblables, l’être humain récolte de dix à sept cents rétributions en ce monde..." On trouvera cet enseignement, aussi bien dans le Coran (Sourate XLVIII/29), que dans les Evangiles cité par le Coran (Matthieu 18- 32 ; Marc IV/26-34). Le référent étant les "hadyths" - propos et actes du Prophète. - Les "sept tours - Tawaf" autour de la Ka'ba , ordonnés en quatre tours d’un pas alerte, puis troi s tours à pas lent ; nos Maîtres expliquent la symbolique du "quatre" relevant de "la nature" humaine, les quatre éléments (air, feu, terre, eau), générant trouble et impatience. Le "trois" impair - "witr", attribut divin , suscitant en l’être humain, sé rénité et quiétude - "Sekyna" : durant le "Tawaf" les croyants disent "me voici Seigneur", quêtant la Présence Divine en leur s cœurs . Ce concept coranique, que l’on trouve dans la sourate XLVIII aux versets 4, 18, a inspiré le

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Bouqala et autres symboles - 61 - N° 7, Septembre 2007 Maître juif andalou, Maimonide (XIII e siècle) dans son commentaire, en arabe, du concept hébraïque "Shekhinav (Cf. Dalail el hairyn, de Maimonide). - Les sept "parties" du corps adorant Dieu - "sujud" , durant la "salat" ou accession à la Présence Divine, "comme si tu Le Voyais, Lui te Vois" : tête, deux mains, deux jambes, deux pieds, en prosternation, chaque partie relevant des actes humains se "remettant en toute confiance à Dieu - Islam" (XXXVI/61). 2. Symboliques du culturel social : - Symboliques des "subû"- septième jour, naissance, mariage, aux rituels très varies, avec un invariant symbolique : festivités et dons, le cycle de sept jours est "l’accomplissement". - Symbolique des "sept herbes" ou "sept épices" aux vertus médicinales, liées au "quatre" et "trois", cite précédemment. - Symbolique des "sept eaux" : cinq eaux que la tradition musulmane cite (eaux du Paradis, du Prophète, des terres fertiles, selon des variantes) et les deux eaux "primordiales", c e l l e d e L a C r é a t i o n ( C f . C o r a n ) e t c e l l e d e l a " p r o c r é a t i o n " humaine. - Symbolique des nombres associes au sept : sept, 1+6, 2+5, 3+4, correspondant dans les alphabets sémites, Arabe, Hébreux, Phéniciens, Araméen, a sept lettres "réalisant la connaissance". (Cf. Ibn Khaldoun : La Muqaddima / Histoire Universelle). Ce qui nécessiterait plus ample explication, hors du présent contexte. En espérant avoir suscite quelque intérêt de recherche dans ce vaste domaine de l’anthropologie, ou, du moins, quelque curiosité. Notes : 1 - Ibn Manzur : Lissan al-Arab. 2 - Le Lexis Larousse. 3 - Platon : La République et Lettres, Flammarion, Paris. 4 - Maimonide : Dalail el hairyn, Ed. De Brouwer, Paris. 5 - Ibn Khaldoun : La Muqaddima, Histoir e Universelle, Trad. V. Monteil, Ed. Sindbad, Paris.

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Ghawthy Hadj Eddine Sari - 62 - Revue Annales du patrimoine Références : * - Le Coran. 1 - Ibn Khaldoun : La Muqaddima, Histoire Universelle, Traduction V. Monteil, Ed. Sindbad, Paris. 2 - Ibn Manzur: Lissan al-Arab, Dar Sadir, Beirut. 3 - Le Lexis Larousse, Paris. 4 - Maimonide : Dalail el hairyn, Ed. De Brouwer, Paris. 5 - Platon : La république, Flammarion, Paris. 6 - Platon : Les lettres, Flammarion, Paris. o

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