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مجلة حوليات التراث العدد 06 2006 مستغانم

Med Alg

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Dr Yves-Abel Feze - 22 - Revue Annales du patrimoine sonyenne manifeste une certaine in tertextualité avec la tradition orale, elle ne s’en réclame pas entièrement. Comme nombre de romans africains de la seconde génération, le roman de sony convoque les formes littéraires du roman européen et les formes de la tradition orale pas pour se situer dans une poétique transcul turelle. L’écrivain africain, dès lors, témoigne en son langage de s multiples langues en présence desquelles il écrit et qui sont constitutives d’une société cosmopolite, où à tout le moins d’une identité cosmopolite. Il devient un écrivain bilingue comme le Marocain Abdelkader Khatibi qui exprime ainsi cette nouvelle condition dans Amour Bilingue : Que désirait-il ? Qu’elle fût cet abîme entre lui et lui, dans leur langue commune ? Lui demandait-il l’impossible ? Pour lui parler, il était traduit lui-même par un double mouvement, du parler maternel à l’étranger, et de l’étranger en étranger en se métamorphosant, Dieu sait par quelles extravagances (5). Cette impossibilité identitaire que s’est donné pour tâche de raccommoder l’écrivain magh rébin suscite des interrogations comme en témoigne la bi-langue, le héros d’Amour Bilingue. Tout ce roman apparaît ainsi comme un méta texte exprimant parfaitement "l’inconçu", la dualité culturelle ou ce que Derrida appelle ce "trouble de l’identité" (6) qui fait de l’écrivain francophone pour, précisément parodier le même Derrida, un écrivain monolingue chez l’autre. Pour Khatibi, de fait, l’écrivain est un sujet nomade c’est-à-dire un être périphérique qui enjambe les frontières. Il pose la question suivante : "Quelle est la patrie d’un écrivain ? Est-ce uniquement sa langue ? Est-ce l’unité idéelle être un terroir, une langue et une identité culturelle d’esprit et de corps ? Est-ce la mosaïque d’un exil et d’une transposition universelle ?" (7). L’écrivain, de la sorte, n’est pas arrimé à un territoire défini ou à une culture homogène. A force d’écrire entre deux langues, l’écrivain est comme le note Bensmaïa. Un écrivain, qui parce qu’il évolue entre deux langages,

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Langues et interculturalité dans la littérature d’Afrique francophone - 23 - N° 6, Juin 2006 deux frontières, et conséq uemment plusieurs tranches temporelles, ne peut plus appartenir à une histoire, un peuple, un pays, mais au contraire à un nouvel espace - temps lequel, bien qu’étant le produit d’une création artistique, ne peut quand même pas être réduit à une "fiction" où un "mythe" purs (8). Il y a donc à l’œuvre chez nos auteurs francophones une interlangue qu’on peut définir à la suite de Klaus Vogel comme la langue qui se forme chez un ap prenant d’une langue étrangère à mesure qu’il est confronté à des éléments de la langue cible, sans pour autant qu’elle coïncide avec cette langue cible. Dans la constitution de l’interlangue entrent la langue maternelle, éventuellement d’autres lang ues étrangères préalablement acquises, et la langue cible (9). Birahima, l’enfant soldat d’Ahamadou Kourouma qui s’aide de cinq dictionnaires pour écrire son "Blablabla" et trouver les mots idoines, mots fétiches pour dire son histoire, produit, à coup sûr, une interlangue (10). L’interlangue de Kourouma manifeste une relation au frança is de la part d’un apprenant autodidacte qui laisse s’épanouir les jeux de mots, les créations lexicales et syntaxiques tout en apprenant et en vérifiant dans les fameux dictionnaires le sens des mots, qu’il veut justes dans une "écriture pas tout à fait et in termédiaire" selon l’heureuse formule de Boehmer (11). Moura n’a donc pas tort lorsqu’il écrit que : "l’auteur post-colonial est un véritable passeur de langue dont la création maintient la tension entre deux (ou plusieurs) idiomes et parfois même, dans le cas de l’interlangue, rompt la norme linguistique afin de se forger un langage propre" (12). Un tel hétérolinguisme nous fait découvrir la variété du monde. L’écrivain héterolinguiste, de la sorte, dit le monde et son imaginaire car "le divers du monde a besoin de l’encens du monde. L’éclat des littératures orales est ainsi venu, non pas remplacer l’écrit, mais en changer l’ordre. Ecrire c’est vraiment dire : s’éprendre du monde sans se disperser, ni s’y diluer"(13). On le voit à partir de la théorie du "Tout-Monde" glissantien,

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Dr Yves-Abel Feze - 24 - Revue Annales du patrimoine l’oralité et l’interlangue partic ipent de poétiques diverses et multiples qui transcrivent l’imag inaire du monde dont il parle encore : "L’idée du monde s’autorisera de l’imaginaire du monde, des poétiques entremêlées qui me permettent de deviner en quoi mon bien conjoint à d’autres, en quoi sans bouger il s’aventure ailleurs, et comment, il m’ emporte dans ce mouvement immobile" (14). Une telle "globalisation" nécessaire de la littérature africaine francophone par sa langue - ou son interlangue ne suffit toutefois à oblitérer le fait qu’elle peut être perçue comme une stratégie visant à faire rentrer les littératures mineures (15) dans l’univers littéraire international. 2 - Politique linguistique et capital littéraire : En effet, si les premiers écrivains nationaux en Afrique francophone se réfèrent à une idée politique du littéraire, les derniers venus vont se référer aux lois littéraires internationales et autonomes pour faire exister un autre type de littérature et de "capital littéraire" (16). Je me propose donc en partant du modèle établi par Casanova, de montrer qu’il existe des politiques linguistiques et stylistiques dans les territoires dominés qui agissent comme des stratégies révolutionnaires tendant à les faire admettre au patrimoine littéraire international. Pour Casanova en effet, "Excentrique s" au plein sens du mot, ces écrivains de seconde génération vont devenir les artisans des grandes révolutions littéraires, Ils luttent avec des armes spécifiques pour changer l’ordre littéraire établi. Ils innovent et bouleversent les codes littéraires les mieux admis au méridien de Greenwich littéraire, contribuant ainsi à changer en profondeur, à renouveler et même à bouleverser les critères de la modernité et, partant, les pratiques de toute la littérature mondiale (17). L’interlangue qui a le plus cours aujourd’hui et concerne un ajout de termes ou d’expressions de la langue "étrangère" - ou considérée comme telle selon le point de vue du destinataire - dans la langue française peut aussi être lue comme un néo- exotisme tendant à briser les fron tières littéraires, à attirer le

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Langues et interculturalité dans la littérature d’Afrique francophone - 25 - N° 6, Juin 2006 lecteur français par l’usage d’une langue "colorée" mais demeurée lisible pour ce dernier. La langue métissée de Beyala fournit à cet effet de multiples exemples. Une langue "bâtonmaniquée" que l’auteur "a mis à la page au son du tam- tam, aux ricanements du balafon, aux cris des griots" (18). C’est plus une langue métissée qu’africanisée qui amalgame expressions africaines francisées et structure française. Une langue française travaillée qui laisse penser a priori à une africanisation du français mais qui ne peut, au total, entretenir cette illusion que chez le lecteur français. Il y a donc là un glissement des positions énonciatrices du destinateur vers le destinataire où le Moi producteur de l’énoncé se tient pour étranger par rapport à lui-même et se déplace vers l’Autre censé le recevoir. L’Autre, destinataire du discours est sans aucun doute français, mais bien également désormais le moi destinateur. Il s’agit ici d’un néo-exotisme au sens de Laronde : Le néo-exotisme est un faisceau de pratiques qui appartiennent au monde oriental (donc, étrang ères au monde occidental mais s o n t l e f a i t d e l ’ o r i e n t a l e n p o s i t i o n i n t e r n e a u m o n d e occidental). Dans les deux cas on voit que quelque chose ne change pas ; c’est la place de l’occident comme base référentielle du discours, ce que confirme le maintien de l’oriental dans la position de l’étranger au discours oriental (19). Il est à cet égard manifeste que ce glissement se note dans le titre du deuxième essai de l'écrivain camerounaise, Lettre d’une afro - française à ses comp atriotes (1999) par rapport au premier, Lettre d’une africaine à ses sœurs occidentales, signe que le lectorat a changé et qu e le destinateur du discours s’assimile désormais au destinataire. L’interlangue telle que pratiquée par Beyala a donc pour fonction d’élargir son lectorat, de briser les frontières et de redéfinir subrepticement les frontières géographiques et culturelles du champ littéraire. L’écrivain signe, par là même, de s textes cosmopolites reflétant son identité afro-française. C’est encore ce que l’on constate

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Dr Yves-Abel Feze - 26 - Revue Annales du patrimoine dans le procédé d’arabisation textuelle auxquelles a recours le roman maghrébin par l’inclusion de certains mots arabes ou de certaines expressions françaises arabisées. C’est d’ailleurs ce qu’exprime un personnage de Nedjma de Kateb Yacine : "Il faut bien dire que le vocabulaire français comprend 281 mots d’origine arabe... Nous aussi, nous influençons leur civilisation…" (20). De sorte qu’on peut dire du romancier maghrébin qu’il cher che les moyens adéquats de forger un monde où pourront coex ister la tradition arabe et la modernité occidentale ; ce dont témoigne L’enfant de sable de Tahar Ben Jelloun (21). Ici, le conteur fait référence aux versets coraniques et parfois les cite tout simplement pour exhiber sa connaissance de son milieu cultur el. Dans un cas beaucoup plus récent, Latifa Ben Mansour agrémente son texte, La Prière de la peur (22), de l’histoire arabe d’antan, de versets coraniques, de poésie, de légendes, et réussit à métisser la langue française. Ce que donnent donc à voir ces text es, c’est un bilinguisme, signe d’une dualité culturelle et de lectorat. On peut cependant lire dans cette affirmation différentialiste une solution formelle trouvée à l’inégalité littéraire dans le fait d’aller chercher au Centre "la richesse et les possibles littéraires" (23), pour les importer sur leur terre. Cette interlangue francophone entre enra cinement linguistique et néo- exotisme permet, de ce point de vue, à la littérature francophone d’exister. C’est ce que souligne Halen : Le discours critique peut faire être ces domaines et, par voie, obtenir... plus de droit à l’existence que par la voie de la concurrence normale avec les producteurs du Centre. Senghor eût-il choisit d’être un poète français, non "nègre", serait oublié. De même, pour Chamoiseau et Confiant, Makine et Alexakis, Djebar et Maalouf (24). Tout se passe désormais comme si l'on demandait, insidieusement, aux textes fr ancophones d'exprimer un différentialisme linguistique et culturel pour pouvoir être reconnus. Et nos auteurs l'ont bien compris qui, par le biais d'un

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Langues et interculturalité dans la littérature d’Afrique francophone - 27 - N° 6, Juin 2006 néo-exotisme, montrent le dynamisme de la langue française et sa capacité d'absorption d'autres langues ; langue française à laquelle ils doivent, du rest e, se sentir étrangers. La reconnaissance et l'appartenance des littératures dominées à l'univers littéraire international semble être à ce prix. L’on voit, au total, que l’hy bridité linguistique à l’œuvre dans la littérature d’Afrique francophone repose, à sa manière, la question de la dialectique du Même et de l’Autre. Le Même s’adresse désormais à l’Autre, de qui il attend reconnaissance, et lui fait comprendre dans sa langue qu’ils sont semblables mais différents. Une telle hétérogénéité lui permet d’abolir les frontières, de faire vaciller son identité et de ne plus appartenir à un monde mais au monde. Mais ceci repose également le problème de la pertinence du modèle théorique différentialiste de la francophonie qui suppose des frontières dans l’usage de la langue et un franchissement de celles-là avec tout ce que cela sous-entend comme écart, déviance, irrégularité. Ce modèle contraint la littérature francophone à un différentialisme linguistique et culturel en vue d’exister. De la sorte, une telle répartition implicite entre Centre et Périphérie a des relents d’empire et appelle à la réflexion à un comparatisme intra- francophone, la littérature française étant nécessairement réintégrée dans ce champ d’étud es qui la comprend. Alors, la littérature francophone serait appréciée non plus pour son a l t é r i t é ( q u i p o s e l e p r o b l è m e du Moi auquel on est étranger) mais pour elle-même, c'est à dire, tout simplement, un fait littéraire. Notes : 1 - E. Glissant : Traité du tout-monde, poétique IV, Ed. Gallimard, Paris 1997, p. 22. 2 - Cf. P. Casonava : La République Mondiale des Lettres, Ed. Seuil, Paris 1999, 2 e P., pp. 241-281. 3 - E. Boehmer: Colonial and Post-c olonial Literature, Oxford-New-York, Oxford University Press 1996, p. 233.

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Dr Yves-Abel Feze - 28 - Revue Annales du patrimoine 4 - E. Glissant : op. cit., p. 236. 5 - A. Amour : Bilingue, Fata Mongana, Montpellier 1983, p. 27. 6 - J. Derrida : Le Monolinguisme de l’Autre, Galilée, Paris 1996, p. 32. 7 - A. Khatibi : Nationalisme et intern ationalisme littéraires, in Figures de l’étranger dans la littérature française, cité par R. Bensmaïa: "Political Goegraphy of Literature", in M. P. Le Hin, D. Strand, Ed. French Cultural Studies: Criticism at the crossroads, Albany, State University of New York, 2000, p. 296. 8 - R. Bensmoïa : op. cit., p. 295. 9 - K. Vogel : L’interlangue, la langue de l’apprenant, Ed. Nathan, Paris 1995, p. 19. 10 - A. Kourouma : Allah n’est pas obligé, Ed. Seuil, Paris 2000. 11 - E. Boehmer : op. cit., p. 232. 12 - J.-M. Moura : Critique post-coloniale et littératures francophones africaines, in S. Diop éd., Fictions africaines et post-colonialisme, Ed. L’Harmattan, Paris 2002, p. 80. 13 - E. Glissant : op. cit., p. 121. 14 - Ibid., p. 120. 15 - Ce sont, selon Deleuze et Guattari, les littératures "qu’une minorité fait dans une langue majeure", in Kafka, pour une littérature mineure, Minuit, Paris 1983, p. 75. 16 - P. Casanova : op. cit., p. 440. 17 - Ibid., p. 441. 18 - C. Beyala : Assèze l’africaine, Albin Michel, Paris 1994, pp. 68 et 93. 19 - M. Laronde : Autour du roman beur, Ed. L’Harmattan, Paris 1993, p. 213. 20 - K. Yacine : Nedjma, Ed. Seuil, Paris 1956, p. 75. 21 - T. Ben Jelloun : L'enfant de sable, Ed. Seuil, Paris 1985. 22 - L. Ben Mansour : La Prière de la peur, Ed. De la Différence, Paris 1997. 23 - P. Casanova : op. cit., p. 442. 24 - P. Halen : Les stratégies francoph ones du style, l’exemple de quelques sauvages du Nord, in P. S. Diop éd., Littératures francophones, langues et styles, Ed. L’Harmattan, Paris 2001, p. 226. Références : 1 - Amour, A.: Bilingue, Fata Mongana, Montpellier 1983. 2 - Ben Jelloun, Tahar : L'enfant de sable, Ed. Seuil, Paris 1985. 3 - Ben Mansour, L.: La Prière de la peur, Ed. De la Différence, Paris 1997. 4 - Bensmaïa, R.: "Political Goegraphy of Literature", in M. P. Le Hin, D. Strand, Ed. French Cultural Studies: Cr iticism at the crossroads, Albany, State University of New York, 2000.

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Langues et interculturalité dans la littérature d’Afrique francophone - 29 - N° 6, Juin 2006 5 - Beyala, C.: Assèze l’africaine, Albin Michel, Paris 1994. 6 - Boehme, E.: Colonial and Post-col onial Literature, Oxford-New-York, Oxford University Press 1996. 7 - Casonava, P.: La République Mondiale des Lettres, Ed. Seuil, Paris 1999. 8 - Derrida, Jacques : Le Monolinguisme de l’Autre, Galilée, Paris 1996. 9 - Glissant, E.: Traité du tout-monde, poétique IV, Ed. Gallimard, Paris 1997. 10 - Halen, P.: Les stratégies francophon es du style, l’exemple de quelques sauvages du Nord, in P. S. Diop éd., Littératures francophones, langues et styles, Ed. L’Harmattan, Paris 2001. 11 - Kafka : Pour une littérature mineure, Minuit, Paris 1983. 12 - Kourouma, A.: Allah n’est pas obligé, Ed. Seuil, Paris 2000. 13 - Laronde, M.: Autour du roman beur, Ed. L’Harmattan, Paris 1993. 14 - Moura, J.-M.: Critique post-colon iale et littératures francophones africaines, in S. Diop éd., Fictions africaines et post-colonialisme, Ed. L’Harmattan, Paris 2002. 15 - Vogel, K.: L’interlangue, la langue de l’apprenant, Ed. Nathan, Paris 1995. 16 - Yacine, Kateb : Nedjma, Ed. Seuil, Paris 1956. o

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Revue Annales du patrimoine, N° 6, 2006, pp. 31 - 42 ISSN 1112-5020 Publié le : 15/6/2006 hsouad04@yahoo.fr © Université de Mostaganem, Algérie 2006 A linguistic analysis of MTG A spoken dialect of Arabic Souad Hamerlain University of Mostaganem, Algeria Abstract: This article comes within the framework of the Maghrebian dialectology through a synchronic study of the Most aganemois MTG dialect which targeted some linguistic phenomena. We were able to establish the phoneme chart with emphatic and non-emphatic sounds, and the syllabic framework of the dialect in question. Among the problems that have been raised the phonemes in the city region. What prompted us to do this study is the lack of articles dealing with this language by comparison with the dialects of Oran, Constantine, and those of southern Algeria. Keywords: linguistic, Arabic dialect, Mostaganem, phonemes, speaking. o Une analyse linguistique de MTG un dialecte parlé de l'arabe Souad Hamerlain Université de Mostaganem, Algérie Résumé : Le présent article rentre dans le ca dre de la dialectologie maghrébine à travers une étude synchronique du di alecte Mostaganemois MTG qui a visé quelques phénomènes linguistiques. No us avons pu établir la charte des phonèmes avec les sons emphatiques et non-emphatiques, et la charpente syllabique du dialecte en question. Parmi les problèmes qu'on a soulevés, les phonèmes dans la région citadine. Ce qui nous a poussés à faire cette étude, c'est le manque d'articles traitant de ce parler par comparaison avec les dialectes Oranais, Constantinois, et ceux du Sud Algérien. Mots-clés : linguistique, dialecte arabe, Mostaganem, phonèmes, parler. o The present paper constitutes a humble attempt towards a synchronic description of Mostaganem Spoken Arabic (1). that one should be referring to througho ut as MTG. By applying the

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Souad Hamerlain - 32 - Revue Annales du patrimoine methods developed by modern Linguistics, one intends to examine - though succinctly - some phonological phenomena attested for the vernacular under investigation. Here, and for space limitations, one has selected among an exhaustive list of phonological processes, two major phonological aspects. Namely, those of emphasis and syllable st ructure. These are preceded by a brief historical survey of the town followed by MTG’s phoneme inventory. It is commonly acknowledged th at it is mainly due to some historical and social factors that Arabic dialects spread from outside the Arabian Peninsula to merge with other varieties. Yet, and as George S. Colin (1948) postulates : "On est très mal renseignés sur les conditions dans lesquelles l’emploi de l’arabe dialectal, langue exclusivemen t parlée, dépourvue de tout prestige, non enseignée dans les écoles, a pu se généraliser sur le domaine extra-péninsulaire..." (2) The instigation of their evolution, in fact, can be drawn to the Islamic conquests for conversion (during the 7 th and 8 th c.), when both the Arab armies and the converted indigenous were brought together due to mixed marital bonds. This event gave rise to a spectrum of vernaculars. Hence, it was only for ease of reference that philologists divided the resulting speeches into two major geographical sectors: an oriental and an occidental (or maghribi) (3) area to which MTG pertains. Among the pioneering works that dealt with the description o f a n A r a b i c s p o k e n v a r i e t y , i s that of François de Dombay’s "Grammatica linguae-arabicae". An article in which he accounts for Tanger’s dialect. Since then, and especially from 1850 onwards, extensive attempts were conducted in this linguistic avenue that summoned the contri bution of many distinguished dialoctologists such as G. S. Coli n, W. Marçais, Ph. Marçais, J. Cantineau, D. Cohen, A. Dhina... - to name but a few. As far as one knows, relatively little has been written on MTG, particularly if one compares the brief instances advanced in

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A linguistic analysis of MTG A spoken dialect of Arabic - 33 - N° 6, Juin 2006 its issue with those of other central Algerian towns (Algiers, Oran, Constantine and some Saharian towns). In this respect, Ph. Marçais (1941) writes: "La seule vue un peu générale qu’on est tenté de prendre des formes vari ées que revêt l’arabe parlé en Algérie se présente comme un tr iptyque reposant sur un socle : chaque volet recouvre le territoire d’un département administrative, l’Oranie, l’Algérois, le Constantinois ; et le socle, se sont les territoires du Sud" (4). This division of the Algerian dialects into three mainstream departments - which was also agreed upon by Cantineau (1938, 1939, 1940, 1941) (5) - does not count MTG under its headings. A fact that enticed us to embark on a lengthening of what had been previously reported about this vernacular. To start with, the town’s coastal position had the role of facilitating regional contacts - through commercial transactions - and dialect contact by the same token. Besides, an introductory survey of the historical incursio ns experienced by the town, as well as its key geographical setting, allowed us to make a direct link between the linguistic heterogeneity of MTG and the contribution of these factors to it. Mostaganem witnessed the presence of Spain (16 th c), Turkey (18 th c), and France (19 th c) on its land. These Indo- European countries left their prints in the citizens daily conversations and some linguistic interferences still partake their lexical repertoire. These interferences are manifested through some of the sound drifts and lexical borrowings illustrated below: (likul) from French "l’école" "school" (ravaj) from French "réveil" "alarm-clock" (baxnuq) from Turkish "cloth" (Tobsi) from Turkish "plate" (Rokna) from Spanish "rincón" "corner" (kola) from Spanish "cola" "queue" 1 - Emphasis: In this section one shall not proceed to a critical analysis of

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Souad Hamerlain - 34 - Revue Annales du patrimoine what is still treated as an uns olved and controversial issue in Arabic Linguistics. Rather, one shall mention some earlier approaches that dealt with "emphasis" in Arabic (6). Thereafter, to select from them what could be considered as "true emphatics" from series of realizations in MTG. Note that for typing conveniences, emphatic consonants will be mentioned in capital letters. "Emphasis" is far from being a recent field of inquiry. Its presence may be witnessed in n early every descriptive approach to the dialects of Arabic (6). However, one should be limited here to one feature of its four other areas of research (7). Namely, as a consonantal phenomenon. An extended reading in the lite rature will perhaps disclose the first institutionary work of the present distinction between "emphatic" vs. "non-emphatic" consonants. In his "Kitab" - written around 750 A. D - Sibawayhi a ccounts for the entire phonetic repertoire of Arabic. He identifies, on the one hand, the muTbaqa (which are the emphatics) as being the dAd, the sAd, the TA and the Za’; that is S, D, T, Dh respectively. On the other hand, he sees the munfatiha as all the consonants exclusive to these. This is merely because their tongue’s position differs radically from that of the previously mentioned ones. The muTbaqa altoge ther with q, x, g form the mustaâliyya. That is, "Consonant s which have a raising (of the tongue) toward the upper palate" (8). In the time when Ph. Marçais (1948) brought his contribution to the investigations done on th e Arabic of the Maghreb, a new feature of "emphatic" specification was advanced. Pharyngealization became a refere nce as to the way those thick sounds are produced. Thus, and by pointing out to the narrowing of the pharyngeal cavity on a ccount of the lowering of the dorsum of the tongue and the retraction of its root, Ph. Marçais stood against Sibawayhi and ot her traditional grammarians previous assumptions. A great number of structuralists during the decade

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A linguistic analysis of MTG A spoken dialect of Arabic - 35 - N° 6, Juin 2006 between 1950 and 1960 geared all their efforts to model this binary opposition of "emphatic/non-emphatic" consonants of Arabic on the grounds of distinct ive features. This was probably done in an attempt to restruct ure the asymmetry of a broken system, in order to create - as many phonologists strived to do - a harmonic balance between the allocated segments in phoneme repertoires. Among those "emphasis-hunters", R. Jackobson (1957) stands as the holder of a new analogy be tween the classical concepts of "tafxim" and "tarqiq" with those of "flat" and "plain" accordingly. Unlike De Sacy (1810), for inst ance, who considered in his selection the voiced S, D, T, Dh, q with their corresponding voiceless s, t, d, z, k, Jakobson came with a more extensive list including the four dentals S, D, T, the velars q, x, y and 9 which he called pharyngealized laryngeals. Then, the less distributed B, M, N. Such are few attempts that cannot cover the substantial works and explored avenues done on this unsettled issue. Thereby, it may be appropriate at this stage to leave the theoretical aspect and embark on a more practical procedure to discriminate between what can be considered as "surface- emphatics" and what one regards as true "thick timbers" in MTG. A consideration of the following perfective and singular forms together with their imperfective and plural transformations will help in making this distinction. Set: 1 Perfective Imperfective tarf: "a slice" mtarraf: "sliced" metra: "a metre" emetar: "he measures" 9ad: "he bit" e9ad: "he bites" byud: "he hated" jabyud: "he hates" saab: "he found" eseb: "he finds" sna9: "he fabricated" masnuu9: "fabricated" Singular Plural taabla: "a table" twaabal: "tables"

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Souad Hamerlain - 36 - Revue Annales du patrimoine gat: "a cat" gtuuta: "cats" mesmaar: "a screw" msamiir: "screws" rgas: "he danced" ragsu: "they danced" Set: 2 Perfective Imperfective wallah: "and God" billaah: "by God" kbaar: "grown up" jakbar: "he grows up" baarak: "he congratulated" mabruuk: "congratulations" Singular Plural naar: "fire" niiraan: "fires" faar: "mouse" fiiraan: "mice" maajda: "coffee-table" mwaajad: "coffee-tables" Following Farouk. A. N. Bouhadiba’s Thesis (1988) (9), the c o r o n a l s T , S , D d o p r e s e r v e their full quality of emphatics irrespective to the morphophonemic contexts in which they occur. The liquids l, r, by contrast, are realized solely as such in specific environments. This is basically due to some phonological derivations which, as soon as they are applied, alter their emphatic status and reveal their plain realizations at surface levels. The labials "b", m and the dental "n" are too victims of this loss of the + prosodeme feature. The "true-emphatics" that on e recognizes for MTG are, thereupon, the S, T, D. While the other exercised consonants, and on account of their instability, exclude themselves from this phonological consideration. Hence, becoming unqualified for the thick brand. 2 - The Phoneme Inventory of MTG: The phoneme inventory of language is a set of bundles of feature specifications. For many linguists, Trubetzkoy (1939) (10) among others, the included phonemes are defined in terms of oppositions. They are contrastive units that contribute to the semantic load of words. This is what happens when one contrasts the phonemes "k" and "g" in words like came and game. Charles Hockett’s (1942) specif ication speaks rather of a "class of phones determ ined by six criteria" (11). Among them,

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A linguistic analysis of MTG A spoken dialect of Arabic - 37 - N° 6, Juin 2006 stands the feature of pattern congruity which one would like to dwell on a bit due to its inexistence in the Algerian phonological system. If one compares it to th e English arrays of sounds, for instance, one shall see that the a s p e c t o f c o n t r a s t i s q u i t e obvious in it. As an illustration, look at these fricative pairs f, v, o, s, z, CH, DJ; stops p, b, t, d, k, g; a ffricates tCH, dDJ; liquids l, r; glides w, j; and the glottal segments 9, h. There appears to be an equilibrium which is somehow missing in MTG’ s phoneme inventory if one factors out th e number of holes which can be detected at first sight. Furthermore, a considerable number of consonants stand by themselves functioning as independent phonemes. Namely, the unpaired labials "m" and "w"; the dental "n"; the velar "q"; and the glottal "h". Those individual segments form indeed an uneven consonantal distribution in the pattern. To draw a parallel between the Arabic and the Engl ish phoneme inventories will be to note, also, that while the former has only two oral consonants b, f, the latter has four. These are, the voiceless and voiced stops p, b, and the voiceless and voiced fricatives f, v, respectively. Consequently, it is worth pointing out that the phoneme "b" - even if it exists in Arabic - proves different from that of English, since that of Arabic does not have the phoneme "p" to contrast with. The same thing can be applied to "f" and "v". Subsequently, MTG’s phoneme inve ntory overlaps the aggregate of twenty seven phonemes - as a close list - open to free variation. In one of Gleason’s (1955) ph oneme definitions, he draws attention to the fact that phonemes should not only be "phonetically similar" but that they should also: "show certain characteristic patterns of distribution in the language or dialect under consideration" (12). This precision, in fact, will gear us to account for the palato-affricates tCH, dDJ present in our phoneme inventory,

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